Il est temps, maintenant, d'en arriver à la raison pour laquelle j'ai commencé ce blog.
Je vais raconter tout ce que j'ai a dire, je vais vider mon sac, de la même manière que l'on va à la déchéterie pour se débarrasser de ses objets encombrants. Parfois, il arrive que ceux-ci
soient recyclés et donc réupéré pour une autre utilisation. Il se peut que mon récit soit utile à quelqu'un d'autre, que cela permette a une autre personne de comprendre et d'accepter le
fonctionnement d'une autre, mais aussi et surtout, et c'est triste à dire, de s'en protéger....
Il s'agit pour ma part, d'une de mes soeurs, l'avant-dernière, celle qui a 6 ans et demi de moins que moi. Celle que, jusqu'à ce qu'elle atteigne l'âge de 3 ou 4 ans, nous avons
appelée 'Nini' .
.......
J'ai eu beaucoup de mal à me décider,
Bon, voilà déjà une bonne semaine que j'ai commencé le brouillon de cet article, et je ne suis pas arrivée à y aligner 10 phrases... J'ai vraiment le sentiment que cela va salir mon blog !
Pourtant, les derniers évènements font que je pense qu'il me sera profitable d'écrire tout cela, en un long monologue. Pour mettre de l'ordre dans tout cela, pour y voir plus clair,
pour comprendre, et désamorçer ses manigances.
Et au fur et a mesure que j'écris, des souvenirs me remontent à la surface. Et alors qu'avant, je prenais chaque évènement au fur et à mesur, depuis que j'ai compris certaines choses, depuis que
j'ai fais des recherche sur des cas similaires, je commence à voir les choses autrement. Et je m'apperçois, que toutes ces choses qui pourraient sembler normale (qui n'a connu un
enfant faisant des caprices ? Qui n'a connu une adolescente à problème ? qui n'a eu vent des infidélités d'une femme mariée ? Etc... ), je m'aperçois que toutes ces choses mises
l'une à la suite de l'autre, en font un personnage qui très tôt à révélé un caractère de narcissique manipulateur pervers.
Je me suis intérrogée longuement, est-ce que je fais bien de parler de tout cela, ici, dans mon blog ? J'ai donc décidé de ne pas le faire. Et comme j'ai commencé ce blog à cause
d'elle, si je décidais de ne pas en parler, je n'avais plus rien à y dire. Raconter mes souvenirs d'enfance m'avait fait beaucoup de bien, j'ai retrouvé des épisodes que j'avais
oublié, mais voilà qu'elle se manifeste à nouveau dans ma vie, et avec elle, l'ombre des méchancetés dont elle est capable... Et pourtant, malgré les apparences, tout ce que je vais dire est
bien réel, et je ne le dis pas pour la 'salir', d'ailleurs, elle accuse tout le monde de porter un jugement et de la salir. Mais, simplement parce que j'ai compris son fonctionnement,
et pour m'en protéger, il faut que j'écrive, que je me souvienne et que je n'oublie plus jamais.
Ma soeur fait une fugue à 3 ans :
Comme je l'ai raconté dans l'article "la naissance de mes petites soeurs", son arrivée sur cette terre n'a pas été saluée de joie par mon père.
D'un autre côté, je me mets à la place de papa, et je peux comprendre sa réaction : Il a déjà 52 ans lorsqu'elle naît, il connait des difficultés financières, il redémarre sa vie
professionnelle après un incendie qui à tout détruit, il s'est fait un ennemi juré de son beau frère, qui veut sa peau ! Il a des problèmes de tribunaux avec ce même beau-frère, et il a déjà 3
enfants... Dans ces conditions, si je me mets à sa place, effectivement, le moment était mal choisit pour l'arrivée d'un 4ème enfant.
A sa naissance, ma grande soeur a presque 13 ans, comme maman est très occupée avec le commerce, c'est elle qui s'occupera le plus de mes deux petits soeurs nées à 30 mois de différence. Mon
frère va avoir 10 ans et demi, et moi, je vais avoir 6 ans et demi.
Vers 3 ou 4 ans, elle affirme déjà un sacré caractère :
j'ai à peu près 10 ou 11 ans. A cause de mon embonpoint, je suis toujours obligée de faire régime. Pour moi, pas de tartines à la cantine de l'école, avec les copines. Le docteur a
dit que je devais manger 100 gr de viande grillée, avec de la salade, et surtout pas de pommes de terre ou de pain. De ce fait, dès que sonne la cloche de l'école, je me dépêche de rentrer à pied
à la maison, où maman à grillé la viande et préparé la salde.
Ce jour là, après avoir mangé donc, alors que je repars en cours, elle veut me suivre, maman la retient, je me souviens qu'elle essaye d'échapper à maman, elle se débat en lui donnant des
coups de pieds. Maman me dit de me sauver, qu'elle va fermer la porte à clé derière moi. Je me sauve donc...
Je suis en classe, on frappe à la porte de notre classe, soeur Marie-Corneille entre, elle me cherche des yeux, elle se dirige vers notre maîtresse, et lui parle à voix basse.
Celle-ci m'appelle, me dis de sortir avec la religieuse. Je suis inquiète, qu'est-ce que j'ai fait ? Dans le couloir, soeur Marie-Corneille me demande si je sais où est ma petite
soeur. Je lui raconte l'épisode de midi, elle me dit que ma soeur à disparu et que ma mère, inquiète, demande que j'aille faire le tour de l'école ainsi que les alentours, pour
voir si je la retrouve.
Bienveillante, soeur Marie Corneille me demande si je connais les alentours. Mais à part le chemin qui va de chez moi jusqu'à l'école, je ne connais pas. Alors, elle retourne dans ma classe,
et en reviens avec Elvira, une élève qui habite un peu plus près de l'école et qui connait bien le réseau de ruelles et de petites rues qui se trouvent derrière l'école. Elle nous
demande d'être prudentes, et si nous ne la trouvons pas, de refaire aussi le chemin qui va de l'école jusqu'à chez moi en regardant partout. Je me souviens que c'est une belle
journée. Dehors, il fait beau, et nous avons passé, Elvira et moi, toute l'après-midi à chercher ma soeur. C'est ainsi que j'ai découvert le quartier appellé 'fond de grisou', la ruelle
qui descend de derrière l'école jusqu'au terril, la maman d'Elvira, aussi chez qui nous sommes allées boire une orangeade en racontant la disparition de ma soeur... Nous ne l'avons pas
trouvée, nous avons refait le chemin de l'école jusqu'à chez moi, elle n'y était pas, et maman était de plus en plus inquiète. elle nous explique qu' après mon départ pour l'école, elle est
allée servir un client au magasin. Comme elle avait fermé la porte de derrière à clé, elle ne s'est pas inquiétée de ma soeur. Mais après avoir servit le client, en revenant à la
cuisine, elle a vu la porte ouverte et n'a plus trouvé ma soeur. Celle-ci a donc réussit a tourner la clé dans la serrure... Elle a aussi prévenu la police... Nous retournons à
l'école, où c'était déjà l'heure de reprendre nos cartables et de rentrer chez nous... C'est alors que soeur Marie Corneille arrive dans la classe et m'annonce que maman a téléphoné, ma
petite soeur est enfin rentrée à la maison.
L'explication de sa disparition :
Donc, lorsqu'elle s'apperçoit de son abscence, maman la cherche partout dans la maison et ensuite au jardin. Ne la trouvant nulle part, elle s'inquiète, ferme la porte du magasin et va
jusqu'au coin de la rue espérant la voir et la rattrapper. Ne l'ayant pas trouvée, elle rentre à la maison et, inquiète, prévient la police qui, elle prévient l'école. Ma
mère, ainsi que la police le lui conseille, reste à la maison pour attendre son éventuel retour.
Vers 16 h 00, une voisine de la rue arrive au magasin, tenant par la main ma petite soeur. Rassurée, maman la prévient qu'elle va tout de suite prévenir la police, et les informer qu'on a
retrouvé la petite. La dame s'étonne, elle la lui a envoyée pour l'après-midi, mais comme il va être l'heure pour elle d'aller rechercher sa fille à l'école et de la conduire au
conservatoire de musique, elle est passée voir si maman était rentrée ou si elle devait continuer le baby-sitting.
En fait, lorsque ma soeur s'est sauvée, elle s'est réfugiée chez une voisine, en inventant à celle-ci que c'était maman qui l'envoyait parce qu'elle ne pouvait pas
s'occuper d'elle. Un peu étonnée, car cela ne s'était jamais produit, et trouvant certainement cette manière de faire un peu cavalière, cette dame est donc venue au magasin demander une
explication, mais malheureusement, juste au moment où maman avait fermé la porte du magasin pour cherhcer après la petite. Du coup, trouvant porte close, elle en a déduit que
ma mère avait dû partir dans l'urgence, et elle a gardé ma soeur, attendant tout l'après-midi que ma mère vienne la rechercher. Un peu avant 16 heures, au moment où elle
embarquait ma soeur dans sa voiture pour aller rechercher sa fille à l'école, elle a vu un client sortir du magasin, et c'est ainsi qu'elle est venue au magasin.
Après cet épisode, papa à posé deux verrous sur la porte : un en haut et un en bas, maman l'a inscrite à l'école, et c'est ainsi que j'ai fais la route avec elle, et que tous les jours, maman me
disait de faire bien attention à elle, de l'empêcher de me lâcher la main ou de traverser la route seule, et surtout, de l'accompagner jusque dans sa classe où je
devais la confier à son institutrice qui, elle, avait pour consigne de faire attention qu'elle ne s'échappe à la fin de la classe, jusqu'au moment où j'arriverais la rechercher...
.
Et, plus tard, quand la petite dernière a été en âge de venir à l'école, c'est tout naturellement qu'elle nous a accompagnées à son tour. Mais celle-ci étant d'un caractère beaucoup
plus facile, cela n'a pas été un problème.
Souvenir d'une vieille limousine :
Dans le fond du jardin, il y a une ouverture dans la clôture qui donne sur un ancien chantier de matériaux et qui appartient aux voisins. Il y a là une vieille voiture noire
qui m'attire beaucoup. Elle n'est pas fermée à clé, j'y suis déjà entrée, et même si elle sent l'humidité, elle a un intérieur très luxueux, tout en velour noir, avec plusieurs
banquettes rabattables. J'aime bien y entraîner mes petites soeurs, et pendant qu'elles s'instllent à l'arrière, je me glisse derrière le volant dans la partie chauffeur qui est séparée de
l'arrière par une vitre qu'on ouvre ou referme à l'aide d'une manivelle. J'invente alors des lieux où je les emmène et que j'imagine leur faire découvrir en leur donnant des
commentaires tel que le ferait un guide, puis, je fais le tour de la voiture, et je viens leur ouvrir la portière, comme à des grandes dames...
Il y a deux ans, en allant dans un centre commercial, une limousine blanche, portes grandes ouvertes, est installée en exposition, dans le hall. Lorsque je me suis penchée pour regarder
l'intérieur de velour rouge, j'ai retrouvé le souvenir de cette vieille voiture noire sur le chantier des voisins. Même sensation de grand confort, même profusion de banquettes, même
moelleux ... J'ai alors réalisé que cette vieille auto dans laquelle on jouait étant enfant, c'était une limousine...
Jusqu'à l''âge de 15 ans, Je dois toujours rester en leur compagnie, et les surveiller pendant qu'elles jouent. Elles ont alors 9 ans et 6 ans, cet été là, mon
frère nous a présenté sa fiancée. Celle-ci nous à donné sa collection de livre hachette. Et c'est ainsi que tout l'été, assise au jardin, sur un fût en bois, gardant un oeil sur mes petites
soeurs qui jouent à la poupée, je me lance dans la lecture des livres de la comtesse de Ségur : 'Les petites filles modèles', 'Les malheurs de Sophie', 'Après
la pluie, le beau temps' , 'Les 2 nigauds', 'mémoires d'un âne', 'Le mauvais génie', 'Pauvre Blaise','Un bon petit
diable', Jean qui rit, Jean qui grogne', et d'autres, dont je ne me souviens pas...
Mes deux petites soeurs grandissent :
Après l'école et pendant les vacances, je commence à aider de plus en plus au commerce, parfois, j'accompagne papa dans sa tournée à domicile, d'autre fois, j'aide ma
soeur aînée à recharger les marchandises dans le camion magasin avec lequel papa, ma soeur ainée et mon frère font les marchés.
Mes petites soeurs aussi sont devenues plus grandes, et il n'y a plus de raisons que je sois toujours derrière elles, obligées de les surveiller. J'ai 16 ans et je ne veux plus
continuer à l'école. Je n'y retournerai pas en septembre... Je veux travailler avec papa.
Mon frère se marie en juillet de 1972 :
Question boulot, papa a acheté une maison de commerce (un ancien café avec salle de tir à l'arc) et il a fait faire tous les travaux nécessaires pour pouvoir en faire une superette, que
mon frère et sa jeune épouse tiendront. Mais mon père n'a jamais accordé d'importance au confort,pour lui, l'important à toujours été le travail, donc ilo a toujours favorisé
l'achat d'un véhicule ou d'une trancheuse, plutôt que d'aménager une salle de bain ou un wc à chasse... ce qui fait que le rez-de-chaussée du magasin à été entièrement refait de neuf (sols,
murs, plafonds,), avec un matériel ultra perfomant (comptoir, caisse enregistreuse, chambre froide, rayonnages modulables). Mais pour l'étage, où le jeune couple va vivre les premières
années de vie commune, mon père est resté correct, mais sans plus. Il y a une grande cuisine joliment équipée à 'l'américaine', un salle de bain avec baignoire, 2 chambres et un living. Mais la
fiancée de mon frère veut une spacieuse terrasse au dessus de l'entrepôt, C'est son père qui financera ces travaux, car trop coûteux et 'inutiles' aux yeux de mon
père.
Voici venu le jour du mariage ! C'est un très grand mariage, nous sommes donc chez les parents de la mariée, à 70 kilomètres de chez nous. Nous passons entre les mains de la
coiffeuse, ensuite de la maquilleuse, suit un léger repas dans l'intimité.
La cérémonie étant à 15 heures, nous nous habillons. Ttoutes les femmes en robe longue, nous sommes d'ailleurs allées maman, mes soeurs et moi, chez une couturière à cette occasion. Les hommes,
dans leurs beaux costumes, ont reçu un oeillet rouge à mettre à la boutonnière. Les voitures de la suite sont toutes décorées de fleurs et de rubans et conduites par des chauffeurs, C'est la
première fois que nous allons à un mariage, et nous sommes très impressionnés par tout ce luxe déployé. Après la cérémonie, séance photos, ensuite direction la salle de l'hôtel de ville.. c'est
une très grande salle, avec une énorme cheminée, et en soirée, un buffet très garni y est dressé lorsque les invités commencent à arriver.
Mon père rayonne, il est fier de son fils, c'est d'ailleurs l'une des rares fois où je le vois si heureux, si souriant, lui qui est d'habitude toujours tellement sérieux et
taciturne.
Après le mariage, les jeunes mariés s'envollent aux iles Baléares, destination lointaine pour l'époque.
A leur retour, on revient aux choses sérieuses, il reste à achalender la superette. Papa avance l'argent pour les marchandises, et mon frère et son épouse se mettent allègrement au travail.
La tâche ne leur fait pas peur, ils sont pleins d'enthousiasme et d'ardeur. Levés très tôt, le magasin est déjà ouvert à 6 heures, et ne ferme pas ses portes avant 20 heures.
Moi, après avoir aidé pour remplir les rayonnages de la superette, et avoir fais l'ouverture avec mon frère et ma belle-soeur, je retourne faire les marchés avec papa et ma soeur aînée.
Mais, mon frère parti, l'entente se déteriore entre papa et ma soeur. Un jour, après une discution plus violente, elle quitte la maison. Papa embauche alors une jeune fille pour la
remplacer.
Papa tombe malade :
L'année suivante, papa attrappe une jaunisse. Il va passer des examens à l'hopital, et là, on lui annonce qu'il a une 'occlusion intestinale', et qu'il doit être opéré. On s'organise comme on
peut. Mon frère viendra donc pour conduire le camion et faire les marchés, et moi, je le remplacerai au magasin auprèe de son épouse. Maman va donc aller aux marchés avec mon frère, et elle
n'ouvrira le magasin qu'après 14 heures.
Mes deux petites soeurs sont toujours à l'école. Elles ont 11 ans et 8 ans. Après une courte convalescence, papa retourne sur les marchés, mais toujours en compagnie de mon frère, car
il n'est pas encore bien remit.
En fait, il n'ira plus jamais bien, quelques mois plus tard, il refait une jaunisse, nouvelle opération, et là, on annonce à maman que papa a un cancer du pancréas et qu'il n'y a
pas d'espoir. 'Donnez lui tout ce qu'il veut' lui conseille-t-on. il rentre à la maison, pensant qu'il va se rétablir, mais les forces lui manquent, et peu à peu, il s'affaiblit. Bientôt, il ne
quitte plus le fauteuil, et l'année 1975, il n'a pas quitté sa chambre.
L'enterrement :
Il est enterré un triste jour de novembre, Nous sommes tous là, ma soeur aînée avec qui il s'est réconcillié, elle a alors 26 ans, mon frère 24 ans et son épouse 23 ans, ils ont une petite
fille, mes deux petites soeurs âgées de 13 et 10 ans, et moi, 19 ans et demi... Maman a 48 ans, papa venait d'avoir 65 ans.
Nous qui pensions être seuls à l'enterrement, car sans autre famille que notre petit noyau, nous sommes étonnés de découvrir tant de monde : des voisins, des clients, des fournisseurs,
des représentants, des livreurs, quelqules rares amis, car toujours occupé à son commerce, papa avait peu d'amis, tout ce monde était venu pour rendre un dernier hommage à mon
père. Non, nous n'étions pas seuls au monde, papa était estimé et aimé.
Continuer, sans papa :
Quelques semaines plus tard, nous sommes passé au juge de paix, car mes deux soeurs étant mineures, il fallait constituer un conseil de famille. il fallait être 5, nous n'étions que 4 : ma
mère, ma soeur aînée, mon frère et moi-même. Un voisin a donc été choisit comme cinquième tutteur de mes soeurs. Elles étaient dans un drôle d'âge, et en plus, papa n'était plus
là.
Maman, qui n'avait jamais prit aucune initiative s'en est remise totalement à mon frère. De toute façon, elle n'avait pas le choix. J'avais mon permis de conduire, mais pas encore celui pour
les camions car il fallait avoir 21 ans pour celui-là. Et l'organisation provisoire que nous avions installée lors de la maladie de papa est devenue définitive. Mon frère à géré toute
l'affaire, du mieux qu'il pouvait, se sentant responsable de nous et de ma mère... Je pense parfois que son épouse n'a pas dû rire tous les jours. Elle devait travailler avec son mari, et au lieu
de cela, elle se retrouve avec moi. Bon, même si je ne me suis pas toujours montrée à la hauteur, je pense avoir fait de mon mieux, et j'ai eu le bonheur de voir grandir ma nièce et de vivre
aussi la seconde grossesse de ma belle soeur. Un magnifique gamin est né, pour la joie de mon frère.
Mais même si ma belle-soeur a souffert de cette situation, elle n'a jamais fait de reproches ou de réfléxions à ce sujet devant nous. En y réfléchissant mainteant, je me dit qu'elle
s'est conduite en 'grande dame', et si cela m'était arrivé à moi, je ne suis pas sûre que j'aurais su faire pareil.
Pour les marchés, mon frère à engagé un jeune apprenti. En effet, dès qu'elle a été enceinte, notre vendeuse nous a lâché. Ce jeune homme restera travailler chez nous plus de
15 ans...
Entre-temps, mes petite soeur, sont toujours à l'école. La toute dernière, a bon caractère, joviale, rigolotte, elle a plein de copines. Il n'en va pas de même pour l'autre. Pas un jour
ne passe sans qu'elle ne revienne de l'école en se plaingnant de l'une ou l'autre élève avec qui elle s'est disputée, parfois même, elle en arrive aux mains... Et bien sur, ce n'est jamais
de sa faute... Je me souviens des noms de ces demoiselles, tant elle en a parlé.
Peu de temps après, ma mère est convoquée à l'école. C'est la même école que nous avons toutes fréquentée. Et pourtant, là, on annonce à ma mère qu'ils ne veulent plus de ma soeur, qu'ils
compatissent au chagrin que nous avons d'avoir perdu papa, qu'ils comprennent que cela à certainement perturbé ma soeur, mais qu'ils n'ont plus aucune autorité sur elle, et qu'ils sont obligés de
la renvoyer, cela, dans le but de préserver la discipline de l'école... etc... etc... Elle ira donc dans une autre école. La plus jeune, elle continuera sa scolarité sans changer
d'école.
Un certificat scolaire en poche :
Plus tard, des disputes des plus en plus fréquentes surviennent à la maison. Et comme par hasard, elle y est toujours impliquée (soit elle se dispute avec maman, soit avec moi,
soit avec sa jeune soeur), mais elle a toujours une bonne excuse, ce n'est jamais de sa faute, c'est à cause qu'on lui a dit ceci, ou fait celà, ou encore parce qu'on n'a pas fait ceci ou
cela...
Et, bien sûr, toutes ces disputes arrivent lorsque mon frère n'est pas présent à la maison...
Bref, devant tant de problèmes, mon frère et ma mère décident de la mettre en pension dans l'école qu'elle fréquente depuis maintenant quelques années.
Mais, à la fin de cette année là, maman est appellée à son école. C'est moi qui conduit maman, et là, dans le bureau de la directrice, j'entend le même discours qu'à l'école précédente, avec une
précision toutefois, vu qu'elle à 16 ans, et étant donné que maman à raconté ses difficultés, la mort de son mari, le premier renvoi de l'autre école, et qu'en plus maman
n'arête pas de répéter : "mais qu'est ce que je vais faire avec elle ?, qu'est ce qu'elle va devenir ? " La dessus, on promet à maman qu'elle aura son certificat d'étude secondaire
inférieure, même si elle ne le mérite pas, car elle n'a pas suffisement travaillé. Ce ne sera donc pas un renvoi, elle aura son certificat, mais on ne la veut plus ici, l'année prochaine, on
ne la réinscrit pas !
C'est ainsi qu'elle n'ira plus à l'école ! Elle a été un peu au magasin, avec ma belle-soeur, mais celle-ci l'a vite renvoyée à ma mère. Elle a fait les marchés avec mon frère, qui pendant
quelques années a su garder (péniblement) un peu d'autorité sur elle.
Plus tard, lorsque la petite dernière à quitté l'école à son tour, elle est allée au magasin avec ma belle-soeur, et cela s'est très bien passé. D'ailleurs, quand ma mère est arrivée à l'âge de
la pension, ma belle-soeur à rejoint mon frère sur les marchés, qu'ils ont enfin exploités à leur compte, et la petite dernière qui entre-temps s'était mariée, à repris le magasin et
quelques années plus tard, l'a exploité à son compte.
Ma soeur aînée se marie :
1978, ma grande soeur se marie, elle a vingt-neuf ans. C'est un joli mariage, même si c'est beaucoup moins fastueux que celui de mon frère. Deux ans plus tard,
elle mettra au monde une petite poupée tout en finesse, qui est devenue une magnifique jeune femme, dynamique et entreprenante. Elle a aujourd'hui 28 ans, et est à son tour maman de deux petites
jumelles plus adorables l'une que l'autre. .
Le mariage de ma soeur n'aura duré que 10 ans. Dix ans pendant lesquels elle a espéré ne pas devoir divorcer. Car, divorcer, c'était quelque chose qui ne se faisait pas
! Mais, elle à finit par s'y résoudre, lorsqu'elle comprend finalement que son mari ne changera jamais. C'est elle qui travaille, c'est elle qui subvient aux besoins de la famille,
Et lui, un homme instable, léger, oisif, dépensier, sur lequel elle ne peut absolument pas s'appuyer, se lance dans des 'affaires' de plus en plus 'douteuses', du genre 'ventes
pyramides', et sous prétexte de réunions ou de contrat de travail à conclure avec des clients, ne rentre même plus la nuit, ou si rarement...
Elle le quitte enfin, après que maman lui aie dit :'si ça ne va pas, tu peux divorcer'. C'est cela qui lui a enfin ouvert les yeux,si maman ne le lui avait pas dit cela, je pense
qu'elle aurait continué à tout supporter... Elle doit se battre pour garder sa gamine, car la mère de son époux veut l'avoir, et pour cela, elle est prête à toutes les bassesses,
donc, jusqu'à la majorité de sa fille, ce sera tribunaux et avocats. Elle s'est mariée en secondes noces, après 10 ans de solitude et de soucis pendant lesquels elle a fait preuve
de beaucoup de courage. Et son mari actuel n'est autre qu'un homme qui la courtisait déjà lorsqu'elle avait 20 ans, et que papa appréciait beaucoup. Comme quoi, parfois les labyrinthes
de la vie nous ramènent là où nous devions être...
Le mariage en grande pompes de la petite dernière :
Alors qu'elle avait 14 ans, un jeune homme de 16 ans est venu demander à mon frère la permission de la fréquenter. Mon frère les trouvant trop jeunes, lui a répondu d'attendre un an, et si
dans un an il n'avait pas changé d'avis, ils pourraient se côtoyer.
Un an plus tard, il est revenu, se sont côtoyés, se sont fiancés, et à 18 ans, la petite dernière se mariait.
Jolie histoire, sauf que le temps des fiançailles à été pour tous une période très pénible !
En effet, mon autre soeur, qui avait 2 ans et demi de plus qu'elle, n'ayant pas d'amoureux, a tout fait pour leur empoisonner l'existance.
Nous n'avions pas de salle de bain à la maison. Et donc, elle attendait patiemment l'heure où le fiancé de sa petite soeur allait arriver pour décider de faire sa toilette... Et pas
dans sa chambre, non ! Elle disait qu'elle était chez elle, et que personne ne pouvait l'empêcher de se laver dans la cuisine. Qu'il n'avait qu'à revenir plus tard. Alors, ils allaient devant,
dans le magasin de maman, et ils restaient là, heureux d'être ensemble, même si cela n'était pas très agréable de rester debout, devant le comptoir, pour parler de leurs projets. Plus tard,
quand il s'est acheté une voiture, et ils ont pris l'habitude d'y rester de plus en plus souvent, devant la vitrine du magasin, rien pour éviter de la croiser. Je me souviens que
bien des fois, je l'ai surprise, dans le magasin, plongé dans le noir, elle les épiait par la boîte au lettre pour ne pas être vue. Mais s'ils étaient à la maison, elle s'arrangeait
pour provoquer une dispute.
Lorsqu'il a été question de mariage, elle a cru pouvoir mettre son véto à ce mariage, en prenant l'habitude de répêter que les coutumes italiennes voulaient qu'une jeune fille ne se
marie pas avant sa soeur aînée. Je suis intervenue alors en lui faisant remarquer qu'étant moi-même célibataire, et âgée de 27 ans, sans intention de me marier avant bien longtemps, si
elle s'obstinait dans ce sens là, il y aurait pour elle aussi bien peu de chance de se marier un jour. Devant un tel argument, elle ne l'a, ensuite, plus jamais répêté. Mais
elle s'est arrangée pour se marier avant elle.
Ils se sont donc mariés. Un bien beau mariage pour eux aussi, presque aussi fastueux que celui de mon frère. Elle avait une magnifique longue robe blanche, un long voile, et ils rayonnaient
de bonheur. Une belle vie commençait pour eux...
Malheureusement, ils finiront par divorcer, après la naissance de leur premier enfant, elle le trompe. S'est-elle mariée trop jeune, sans rien avoir connu auparavant ? Il
pardonnera une première fois, auront un deuxième enfant, mais la blessure est là, et lorsqu'elle recommencera, ils divorceront irrémédiablement.
Précédé d'un mois par le mariage à la sauvette de mon autre soeur :
Mais voir sa soeur se marier était insuportable à ses yeux. Elle connaissait un homme, qui divorcé suite à des graves problèmes de santé (a 20 ans : diagnostique d'un
cancer du poumon, ablation des trois quart de ce poumon, et rayons X qui ont atteint et détèrioré le coeur), ne voulait plus refaire sa vie. Elle attendais beaucoup plus de lui, et quand il s'est
senti envahi, il est parti sans laisser d'adresse. Après avoir questionné famille et amis qui ne voulaient pas révéler où il s'était retiré, elle est alors allée demander son adresse à
l'administration communale de son ancien domicile, mais il lui a été répondu qu'ils ne donnaient pas ce genre de renseignement. D'après ce qu'elle raconte, elle se serait mise à
pleurer, affirmant être enceinte, avoir rompu avec lui avant de s'en apperçevoir, et maintenat, craignant la réaction de mon frère s'il venait à l'apprendre, d'où la nécessité d'avoir son
adresse pour l'en informer, ceci afin qu'il prenne ses responsabilités vis à vis d'elle... Et ça a marché !
c'est ains que très peu de temps avant le mariage de sa petite soeur, elle l'a retrouvé, et avant qu'il ne se sauve encore, elle a provoqué une grosse dispute avec mon frère, et quand il lui a
retourné la première claque de sa vie, elle a sagement attendu qu'il quitte la maison, puis, sans rien dire à maman, elle a appellé une ambulance. Maman à été bien étonnée de voir entrer les
ambulanciers dans sa boutique, plus encore lorsqu'il ont annoncé qu'ils venaient chercher ma soeur... et la miss est arrivée au magasin, sa valise à la main, disant que mon frère l'avait
tellement frappée qu'elle avait des douleurs dans la tête. A l'hopital, après plusieurs examens, et n'ayant trouvé aucune trace de coups, ils l'ont gardée une semaine en observation,
évocant une 'légère commotion' et comme ça, au moment de sortir de l'hopital, elle a appellé son copain, lui disant qu'elle n'osait pas rentrer chez nous, faisant croire que mon
frère allait la tuer, il a donc accepté de l'héberger chez lui... De là a imaginer qu'après elle lui a dit que mon frère allait prendre cela pour un déshonneur, et venir les tuer, il y
a un pas, que connaissant ma soeur, je franchi allègrement.
Un mois avant le mariage de la petite dernière, Elle se mariait donc aussi, après avoir publié les bans à la sauvette. Et pendant les années qui ont suivi, son époux à cru que
c'était nous les méchants.
A dater de ce jour, mon frère à gardé ses distances par rapport à elle. Et, aujourd'hui, je peux affirmer en toute connaissance de cause qu'il a eu bien raison !