Mercredi 20 février 2008

Pendant des années, j'ai eu de l'admiration pour elle

Devenue veuve, elle s'assume. Elle travaille, continue de payer la maison qu'elle a achetée avec son défunt mari (celui-ci n'avait pu obtenir d'assurance décès, lors de l'emprunt hypothécaire, à cause de son mauvais état de santé).

Je la trouve très courageuse, volontaire, débrouillarde... Moi qui, à l'époque,manque totalement de confiance en moi, au point de rester dans le giron de la famille, sans jamais en couper le cordon ombillical. Je me dis qu'il lui faut bien du courage pour continuer.   

Je suis heureuse qu'elle continue de côtoyer sa petite soeur, celle qui tient un magasin. De ce fait, elle n'est pas totalement isolée, et comme il arrive qu'en période d'affluence elle donne un coup de main au magasin, celà lui fait un petit revenu supplémentaire. Mais, ce dont je ne suis pas conscient, c'est qu'elle est en train de détruire le couple de sa soeur ! 

Volontairement ? Involontairement ? A cela, je n'ai pas trouvé de réponse, car je ne sais pas si elle est consciente de ses réflexions pernicieuses, de ses allusions toujours soupçonneuses. 

Très jalouse de nature, elle ne supporte pas qu'une femme soit jolie, mince, et bien dans sa peau.  

l y a un an, alors que nous étions toutes les deux à l'hôpital avec maman, et alors que celle-ci devait y passer des examens de santé, une jeune femme est passée près de nous dans le couloir. Je ne l'avait pas remarquée, j'étais en train de feuilletter une revue. Elle me dit : 'tu as vu celle-là ? Elle se croit où ? T'as vu comme elle est fringuée ? ' N'ayant pas vu la dame en question, je l'écoute critiquer cette personne, son accoutrement, son allure...  Quelques minutes plus tard, la jeune femme repasse devant nous dans l'autre sens, elle me fait signe du coude, me désigne la personne, en disant c'est celle-là ! Je lève le nez de ma revue, et suis bien étonnée de voir une jeune femme resplendissante, vétue correctement de façon estivale, et très jolie de surcroît !!! Je n'ai pas osé lui dire que je n'étais pas de son avis, j'ai regardé cette jeune femme passer, et j'ai replongé mon nez dans ma revue. Faiblesse ? Lâcheté de ma part ? Indifférence, peut être, mais cela m'a fait prendre conscience que nous ne sommes pas pareilles, elle et moi. Car je suis du genre à apprécier ce qui est beau. Et même si c'est une femme, plus jeune, plus jolie, plus élégante que moi, si je la trouve exceptionnellement belle, je ne vais pas me gêner pour le dire même à mon époux : 'regarde cette femme, elle est vraiment jolie, tu ne trouve pas ? '  Et si parfois mon mari me fait des réflexions sur telle ou telle, disant : 'elle est laide' 'elle a un gros nez', ou encore 'elle ressemble à un homme', personnellement, je n'ai jamais ce genre de critique envers les autres. 

J'ai une amie qui vient régulièrement à la maison, elle est célibataire, elle à 37 ans, et nous l'apprécions beaucoup mon mari et moi-même. L'année passée, ma soeur, me disait à plusieurs reprises : 'je ne comprends pas comment tu peux laisser une fille pareille venir chez toi, tu es tellement sûre de toi, sexuellement, au lit, avec ton mari, pour ne pas craindre qu'un jour il ne s'envoient en l'air ? Je l'ai regardée avec des yeux grands comme des soucoupes, puis je lui ai répondu qu'entre mon mari et moi, il y avait plus que du 'sexuel'. C'est de l'Amour. Mais elle m'a fait pareil avec la fille du voisin, qui a l'époque a 14 ans,
venait chez nous régulièrement. A cette époque, elle se cherchait encore, mettait des décoletés profond sur des soutiens-gorges rembourés. Très jolie, très fraîche, je la complimentais souvent sur ses tenues vestimentaires qui mettaient en valeur sa silhouette. Mon mari et moi, avons une affection toute particulière pour cette gamine qui passait énormément de temps chez nous depuis toute petite, lorsqu'elle venait en visite chez son papa, les week-end et les vacances. 
Ma soeur, une fois de plus, m'a gonfflé la tête, me disant que j'étais bien imprudente de laisser un tel morceau venir chez moi, que je ne devrais pas me plaindre si un jour, mon mari me quittait, que je l'aurais bien cherché... 

Avec le recul, je crois que ce qu'elle m'a fait en 6 mois, l'an passé, elle l'a fait pendant plusieurs années avec sa petite soeur. Car, au moment de son divorce, son mari travaillait depuis plusieurs années déjà avec une firme qui l'envoyait en afrique noire pour une période de trois mois par an, répartie sur plusieurs séjours de quelques semaines. Et comme par hasard, ma petite soeur, au moment de son divorce, était convaioncue que mon beau-frère avait une relation suivie avec une femme de là-bas, et même peut-être un enfant... 
Il aura fallut que je la reçoive six mois chez moi, pour comprendre dans quel mécanisme de destruction elle a entraîné sa soeur. Mais comme je l'ai dit, elle n'en est peut-être même pas consciente elle-même. Car ce mécanisme de destructrion, elle l'utilise autant ur sa propre vie, que sur celle des autres. 

Pour sa part, elle s'est remise en ménage, quelques temps après son veuvage, avec un brave homme, entrepreneur de son métier. Ils ont une relation cahotique, beaucoup de disputes, beaucoup d'incompréhension. Ils se quittent lorsqu'il lui apprend qu'il a rencontré quelqu'un d'autre. Ils sont restés dix ans ensemble. Dix ans pendant lesquels, je le sais par elle-même, elle l'a trompé. Mais lorsqu'elle apprend qu'il la quitte, et pour une femme du village, cela, elle ne le supporte pas. Alors, elle va chez cette femme, mais celle-ci n'étant pas chez elle, elle passe par l'arrière, arrache les parterres de rosiers fraîchement plantés, renverse la bétonnière encore présente sur la terrasse, dévastant tout sur son passage, et finit sa colère en lançant des pavés sur la baie vitrée, jusqu'à faire exploser celle-ci... 
C'est elle même qui l'a raconté à plusieurs personnes de mon entourage. J'ai cru à de la fanfaronnade, mais je dois bien admettre qu'elle a des colères plus que violentes. 
Cette dame a bien sur déposé plainte contre elle, mais sans témoins, rien n'a pu être prouvé. 
Quand à son ex, ma soeur m'a dit qu'il n'est pas resté avec cette dame, et qu'actuellement, il n'a plus de travail, il vit dans un meublé minable, il est sur le carreau... Il est resté dix ans avec ma soeur, et le voilà détruit...

par harissatube publié dans : Souvenirs de famille
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Jeudi 7 février 2008
Son mari est euthanasié : 

Après neuf ans de mariage, et bien des problèmes de santé, lorsque les médecins lui ont dit que c'était impossible d'y échapper, il a tenté l'opération de la dernière chance au coeur. 
Pendant toutes ces années, ma soeur a travaillé, toujours courageuse, toujours entreprenante. Elle travaille chez un trippier, puis s'installera un moment en commerce, sur les marchés, avec un associé. Puis, elle travaillera au magasin avec sa soeur. En effet, lorsque la petite dernière a des problèmes dans son couple, elle et son mari se rapprochent d'eux, Ce dernier est un très bon soutient pour leur couple, il les aide à surmonter cette épreuve. Avec tout ce qu'il endure, il a une grande lucidité sur les choses, il est de bon conseil. 

Ma soeur s'est montrée très attentionnée avec son mari. Avant son opération, elle s'est démenée pour lui trouver le meilleur chirurgien, elle à téléphoné dans le monde entier espérant qu'on lui ferait une graffe coeur/poumon, mais il a attendu trop longtemps, sa crainte d'y rester a fait qu'à présent, on ne peut envisager seulement une réparation sur le coeur. Il a 38 ans, et un coeur de 90 ans que le traitement aux rayons X ont âbimé.
Tout le temps de son hospitalisation, elle lui a rendu visite tous les jours, après son travail, malgrè les 150 kilomètres aller-retour. Parfois, elle va le voir en compagnie d'un amant un peu âgé, qu'elle lui à présenté comme un ami. Ce n'est pas le premier, d'ailleurs, mais il préfère fermer les yeux sur cela, de toute façon, il est tellement invalide, elle est jeune encore, Elle a à peine 29 ans quand elle se retrouvera veuve. Elle passe ses soirées auprès de lui, veille à ce qu'il ne manque de rien, s'informant de l'évolution de sa santé auprès des médecins, cherchant son confort avant tout, son bien-être. A part son infidélité, elle se comporte comme une  vraie sainte... Qui peut la juger ? 
Personnellement, après avoir compris son fonctionnement, Je m'aperçoit que toute sa vie elle cherche à être aimée. Je ne crois pas qu'elle soit une 'marie couche tooi là', non, je crois qu'elle confond sexe et sentiments..  Et je pense qu'elle à utilisé ces différents amants, toujours dans un souci de confort et même aussi, pour le bien-être de son mari. Cela peut sembler contradictoire, mais elle prend comme amant le vendeur de la tripperie, avec qui elle ouvrira son commerce. Celui qu'elle fréquente lorsque son mari est à la fin de sa vie, est un nanti, fils unique, divorcé, plus qu'à l'aise financièrement. Elle l'utilise pour ses besoins, il met à sa disposition son temps, son argent, et sa voiture...      
Et l'amoureux, très compatissant, se fait un plaisir d'apportter sa participation financière en prêtant sa voiture à ma soeur durant tout le temps de l'hopitalisation. .. Mais l'opération, qui pourtant avait bien réussi, le laisse au fil des mois et des complications qui surviennent de plus en plus dépendant, et peu à peu, complètement grabataire. Il est relié à tout un appareillage qui l'aide à respirer, régulièrement, il faut lui retirer par ponction l'eau qui vient noyer le morceau du poumon qui avait été amputé 30 ans auparavant. 

Sur son lit d'hôpital, Il demande a rencontrer mon frère. Je l'accompagne lors de cette visite, en effet, mon frère et ma soeur ne se sont plus jamais parlés depuis la dispute qui à précédé le mariage de celle-ci, et il n'a rencontré cet homme qu'au tout début de leur relation. Il avait d'ailleurs essayé de convaincre ma soeur qu'elle méritait mieux qu'un homme, de très grande valeur, certes, mais diminué physiquement par une opération qui même si à l'époque il travaillait encore (d'agent de police, il avait dû changer et était devenu éducateur pour enfants à problèmes) l'épuisait de plus en plus. 
J'accompagne donc mon frère lors de cette rencontre. Moi, je les connais bien, tous les deux; et je sais bien qu'ils auraient pu s'entendre, car l'un et l'autre sont des hommes agréables, de bonne compagnie, et courtois.

S'il a provoqué cette rencontre, c'est parce que mon beau-frère sait déjà qu'il a choisit d'être euthanasié, et même s'il ne dit rien de tel, il espère recréer des liens entre ma soeur et mon frère. Il espère aussi qu'elle sera soutenue par la famille de laquelle elle s'est coupée depuis neuf ans. La rencontre se passe bien, mon frère a de la peine de le voir si maigre, si vulnérable. Si les choses ne sont pas exprimées clairement, soit par pudeur, soit par fièreté, il est tout de même entendu que ma soeur aura un soutien. 

Après le décès de son mari, ce soutien sera indirect. C'est en effet par le biais de maman que cela se passera. Mon frère et son épouse préférent en effet, la garder éloignée d'eux, et de leur famille, car ils en ont un très mauvais souvenir et préfèrent ne pas la voir chez eux, même s'ils ne la laissent pas complètement tomber. Il explique son attitude par : 'Après tout, elle à choisit sa vie, malgré les conseils qu'on lui avait donné.'
Et aujourd'hui, je constate qu'il avait raison. Elle n'a pas changé, au contraire, elle a empiré.  
     
Donc, après 6 mois d'hopital, mon beau-frère demande à rentrer chez lui, pour quelques jours, le temps d'y fêter son anniversaire de mariage, puis, ayant dit adieu à tous ses amis et connaissance, il retourne vers l'hôpital, où il a un ultime rendez-vous. 
Ma soeur est avec lui dans l'ambulance qui le transporte, lui et outs ces appareils qui l'aident à vivre,  jusqu'à l'hopital...

Ma soeur ne voulait pas qu'il choisisse cette ultime solution, elle a bien essayé de l'en dissuader, lui disant combien elle l'aimait, lui disant aussi qu'elle avait besoin de lui. Qu'il était nécessaire à sa vie.  Mais il lui a répondu que de vouloir le garder auprès d'elle était courageux, car elle s'épuisait, mais que c'était aussi très égoïste, car il souffrait trop de cette situation. Il n'y avait plus aucun espoir qu'il se remette un jour, elle devait accepter de le laisser partir, il préférait choisir le jour et l'heure lui-même que d'attendre, car les médecins estimaient qu'il pouvait vivre ainsi de très nombreuses années.

L'euthanasie consiste en deux injections dans la perfusion. Dès la première, les effets sont irréversibles. Il ne sera plus question de revenir en arrière sur sa décision. Il sait tout cela, il en est bien conscient. Sa décision est prise. Ma soeur restera avec lui jusqu'à la fin. Il ne supporte d'ailleurs personne d'autre qu'elle, s'en prend aux infirmières qui tente de l'approcher... 
Ma mère attend dans le couloir, elle prie pour son âme, car même s'il a toujours déclaré être athée, elle lui souhaite le paradis.

Décédé en juillet, service funébre en fin d'année :

Il a fait don de son corps à la science, c'est pourquoi il n'y a pas d'enterrement pour le moment. Il faut attendre. Un jour, l'université de médecine préviendra, mais en attendant, il faut attendre. 
C'est une drôle de période qui commence alors pour elle, son mari est décédé, mais il est encore là. Il n'y a pas de corps au cimetière sur lequel aller se pencher, elle ne peut plus le voir, pourtant, elle sait que d'autres qu'elle peuvent le regarder, l'examiner. Elle essaie de s'imaginer comment il est, dans un produit de conservation, sa position.....  il n'y a rien pour lui permettre de faire son deuil.

Un jour, cet appel tant attendu arrive enfin. Elle peut disposer du corps. Il y aura une crémation, suivie d'un service funèbre. Une page se tourne...  Il est temps pour elle de passer à autre chose.   


Pour la petite histoire : 
Elle rompt avec son amant peu de temps après le décès de son mari. Celui-ci espérait une mise en ménage rapide, elle refuse, il l'accuse de l'avoir utilisé, sans l'aimer. Elle lui confirme qu'en effet, elle ne l'aime pas, que seul son mari comptait pour elle, et qu'elle n'envisage nullement de faire sa vie avec lui. La rupture sera consommée après une violente dispute au cours de laquelle elle doit se s'enfuir de sa voiture pour aller sonner à une porte et y demander de l'aide. Elle prétexte qu'ileqst atteint d'une tumeur au cerveau et que cela le rend très violent. 
Dans le même temps, elle prend contact avec le chirurgien qui à opéré son mari. Elle lui dit qu'il est la seule personne avec laquelle elle retrouve un peu son mari. Celui-ci, compatissant, lui donne son numéro de téléphone pour les jours de grand cafard. 
L'an passé, elle m"a dit avoir eu une courte aventure avec ce chirurgien, dans les mois qui ont suivis le décès de son mari. Elle fanfaronnait en disant : "je ne suis pas si nulle que cela, puisque j'ai quand même eu une aventure avec un chirurgien" . J'ai n'ai pas trouvé cela du tout en son honneur,  que du contraire ! Mais il est vrai qu'elle et moi, avons des vues très différentes sur ce qui fait la valeur d'une personne.



par harissatube publié dans : Souvenirs de famille
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Mercredi 30 janvier 2008

Il est temps, maintenant, d'en arriver à la raison pour laquelle j'ai commencé ce blog. 

Je vais raconter tout ce que j'ai a dire, je vais vider mon sac, de la même manière que l'on va à la déchéterie pour se débarrasser de ses objets encombrants. Parfois, il arrive que ceux-ci soient recyclés et donc réupéré pour une autre utilisation. Il se peut que mon récit soit utile à quelqu'un d'autre, que cela permette a une autre personne de comprendre et d'accepter le fonctionnement d'une autre, mais aussi et surtout, et c'est triste à dire, de s'en protéger....

Il s'agit pour ma part, d'une de mes soeurs, l'avant-dernière, celle qui a 6 ans et demi de moins que moi. Celle que,  jusqu'à ce qu'elle atteigne l'âge de 3 ou 4 ans, nous avons appelée 'Nini' .  

.......


J'ai eu beaucoup de mal à me décider, 

Bon, voilà déjà une bonne semaine que j'ai commencé le brouillon de cet article, et je ne suis pas arrivée à y aligner 10 phrases... J'ai vraiment le sentiment que cela va salir mon blog ! Pourtant, les derniers évènements font que je pense qu'il me sera profitable d'écrire tout cela, en un long monologue. Pour mettre de l'ordre dans tout cela, pour y voir plus clair, pour comprendre, et désamorçer ses manigances. 
Et au fur et a mesure que j'écris, des souvenirs me remontent à la surface. Et alors qu'avant, je prenais chaque évènement au fur et à mesur, depuis que j'ai compris certaines choses, depuis que j'ai fais des recherche sur des cas similaires, je commence à voir les choses autrement. Et je m'apperçois, que toutes ces choses qui pourraient sembler normale (qui n'a connu un enfant faisant des caprices ? Qui n'a connu une adolescente à problème ? qui n'a eu vent des infidélités d'une femme mariée ? Etc... ), je m'aperçois que toutes ces choses mises l'une à la suite de l'autre, en font un personnage qui très tôt à révélé un caractère de narcissique manipulateur pervers
   
Je me suis intérrogée longuement, est-ce que je fais bien de parler de tout cela, ici, dans mon blog ? J'ai donc décidé de ne pas le faire. Et comme j'ai commencé ce blog à cause d'elle, si je décidais de ne pas en parler, je n'avais plus rien à y dire. Raconter mes souvenirs d'enfance m'avait fait beaucoup de bien, j'ai retrouvé des épisodes que j'avais oublié, mais voilà qu'elle se manifeste à nouveau dans ma vie, et avec elle, l'ombre des méchancetés dont elle est capable... Et pourtant, malgré les apparences, tout ce que je vais dire est bien réel, et je ne le dis pas pour la 'salir', d'ailleurs, elle accuse tout le monde de porter un jugement et de la salir. Mais, simplement parce que j'ai compris son fonctionnement, et pour m'en protéger, il faut que j'écrive, que je me souvienne et que je n'oublie plus jamais. 

Ma soeur fait une fugue à 3 ans :

Comme je l'ai raconté dans l'article "la naissance de mes petites soeurs", son arrivée sur cette terre n'a pas été saluée de joie par mon père. 
D'un autre côté, je me mets à la place de papa, et je peux comprendre sa réaction : Il a déjà 52 ans lorsqu'elle naît, il connait des difficultés financières, il redémarre sa vie professionnelle après un incendie qui à tout détruit, il s'est fait un ennemi juré de son beau frère, qui veut sa peau ! Il a des problèmes de tribunaux avec ce même beau-frère, et il a déjà 3 enfants...  Dans ces conditions, si je me mets à sa place, effectivement, le moment était mal choisit pour l'arrivée d'un 4ème enfant.  
A sa naissance, ma grande soeur a presque 13 ans, comme maman est très occupée avec le commerce, c'est elle qui s'occupera le plus de mes deux petits soeurs nées à 30 mois de différence. Mon frère va avoir 10 ans et demi, et moi, je vais avoir 6 ans et demi.  

Vers 3 ou 4 ans, elle affirme déjà un sacré caractère : 

j'ai à peu près 10 ou 11 ans. A cause de mon embonpoint, je suis toujours obligée de faire régime. Pour moi, pas de tartines à la cantine de l'école, avec les copines. Le docteur a dit que je devais manger 100 gr de viande grillée, avec de la salade, et surtout pas de pommes de terre ou de pain. De ce fait, dès que sonne la cloche de l'école, je me dépêche de rentrer à pied à la maison, où maman à grillé la viande et préparé la salde. 
Ce jour là, après avoir mangé donc, alors que je repars en cours, elle veut me suivre, maman la retient, je me souviens qu'elle essaye d'échapper à maman, elle se débat en lui donnant des coups de pieds. Maman me dit de me sauver, qu'elle va fermer la porte à clé derière moi. Je me sauve donc... 
Je suis en classe, on frappe à la porte de notre classe, soeur Marie-Corneille entre, elle me cherche des yeux, elle se dirige vers notre maîtresse, et lui parle à voix basse. Celle-ci m'appelle, me dis de sortir avec la religieuse. Je suis inquiète, qu'est-ce que j'ai fait ? Dans le couloir, soeur Marie-Corneille me demande si je sais où est ma petite soeur. Je lui raconte l'épisode de midi, elle me dit que ma soeur à disparu et que ma mère, inquiète, demande que j'aille faire le tour de l'école ainsi que les alentours, pour voir si je la retrouve. 
Bienveillante, soeur Marie Corneille me demande si je connais les alentours. Mais à part le chemin qui va de chez moi jusqu'à l'école, je ne connais pas. Alors, elle retourne dans ma classe, et en reviens avec Elvira, une élève qui habite un peu plus près de l'école et qui connait bien le réseau de ruelles et de petites rues qui se trouvent derrière l'école. Elle nous demande d'être prudentes, et si nous ne la trouvons pas, de refaire aussi le chemin qui va de l'école jusqu'à chez moi en regardant partout.  Je me souviens que c'est une belle journée. Dehors, il fait beau, et nous avons passé, Elvira et moi, toute l'après-midi à chercher ma soeur. C'est ainsi que j'ai découvert le quartier appellé 'fond de grisou', la ruelle qui descend de derrière l'école jusqu'au terril, la maman d'Elvira, aussi chez qui nous sommes allées boire une orangeade en racontant la disparition de ma soeur... Nous ne l'avons pas trouvée, nous avons refait le chemin de l'école jusqu'à chez moi, elle n'y était pas, et maman était de plus en plus inquiète. elle nous explique qu' après mon départ pour l'école, elle est allée servir un client au magasin. Comme elle avait fermé la porte de derrière à clé, elle ne s'est pas inquiétée de ma soeur. Mais après avoir servit le client, en revenant à la cuisine, elle a vu la porte ouverte et n'a plus trouvé ma soeur. Celle-ci a donc réussit a tourner la clé dans la serrure...  Elle a aussi prévenu la police... Nous retournons à l'école, où c'était déjà l'heure de reprendre nos cartables et de rentrer chez nous... C'est alors que soeur Marie Corneille arrive dans la classe et m'annonce que maman a téléphoné, ma petite soeur est enfin rentrée à la maison.

L'explication de sa disparition :

Donc, lorsqu'elle s'apperçoit de son abscence, maman la cherche partout dans la maison et ensuite au jardin. Ne la trouvant nulle part, elle s'inquiète, ferme la porte du magasin et va jusqu'au coin de la rue espérant la voir et la rattrapper. Ne l'ayant pas trouvée, elle rentre à la maison et, inquiète, prévient la police qui, elle prévient l'école. Ma mère, ainsi que la police le lui conseille, reste à la maison pour attendre son éventuel retour.  
Vers 16 h 00, une voisine de la rue arrive au magasin, tenant par la main ma petite soeur. Rassurée, maman la prévient qu'elle va tout de suite prévenir la police, et les informer qu'on a retrouvé la petite. La dame s'étonne, elle la lui a envoyée pour l'après-midi, mais comme il va être l'heure pour elle d'aller rechercher sa fille à l'école et de la conduire au conservatoire de musique, elle est passée voir si maman était rentrée ou si elle devait continuer le baby-sitting. 
En fait, lorsque ma soeur s'est sauvée, elle s'est réfugiée chez une voisine, en inventant à celle-ci que c'était maman qui l'envoyait parce qu'elle ne pouvait pas s'occuper d'elle. Un peu étonnée, car cela ne s'était jamais produit, et trouvant certainement cette manière de faire un peu cavalière, cette dame est donc venue au magasin demander une explication, mais malheureusement, juste au moment où maman avait fermé la porte du magasin pour cherhcer après la petite. Du coup, trouvant porte close, elle en a déduit que ma mère avait dû partir dans l'urgence, et elle a gardé ma soeur, attendant tout l'après-midi que ma mère vienne la rechercher. Un peu avant 16 heures, au moment  où elle embarquait ma soeur dans sa voiture pour aller rechercher sa fille à l'école, elle a vu un client sortir du magasin, et c'est ainsi qu'elle est venue au magasin.  

Après cet épisode, papa à posé deux verrous sur la porte : un en haut et un en bas, maman l'a inscrite à l'école, et c'est ainsi que j'ai fais la route avec elle, et que tous les jours, maman me disait de faire bien attention à elle, de l'empêcher de me lâcher la main ou de traverser la route seule, et surtout, de l'accompagner jusque dans sa classe où je devais la confier à son institutrice qui, elle, avait pour consigne de faire attention qu'elle ne s'échappe à la fin de la classe, jusqu'au moment où j'arriverais la rechercher...
.
Et, plus tard, quand la petite dernière a été en âge de venir à l'école, c'est tout naturellement qu'elle nous a accompagnées à son tour. Mais celle-ci étant d'un caractère beaucoup plus facile, cela n'a pas été un problème. 

Souvenir d'une vieille limousine :

Dans le fond du jardin, il y a une ouverture dans la clôture qui donne sur un ancien chantier de matériaux et qui appartient aux voisins. Il y a là une vieille voiture noire qui m'attire beaucoup. Elle n'est pas fermée à clé, j'y suis déjà entrée, et même si elle sent l'humidité, elle a un intérieur très luxueux, tout en velour noir, avec plusieurs banquettes rabattables. J'aime bien y entraîner mes petites soeurs, et pendant qu'elles s'instllent à l'arrière, je me glisse derrière le volant dans la partie chauffeur qui est séparée de l'arrière par une vitre qu'on ouvre ou referme à l'aide d'une manivelle. J'invente alors des lieux où je les emmène et que j'imagine leur faire découvrir en leur donnant des commentaires tel que le ferait un guide, puis, je fais le tour de la voiture, et je viens leur ouvrir la portière, comme à des grandes dames... 
Il y a deux ans, en allant dans un centre commercial, une limousine blanche, portes grandes ouvertes, est installée en exposition, dans le hall. Lorsque je me suis penchée pour regarder l'intérieur de velour rouge, j'ai retrouvé le souvenir de cette vieille voiture noire sur le chantier des voisins. Même sensation de grand confort, même profusion de banquettes, même moelleux ...  J'ai alors réalisé que cette vieille auto dans laquelle on jouait étant enfant, c'était une limousine...


Jusqu'à l''âge de 15 ans, Je dois toujours rester en leur compagnie, et les surveiller pendant qu'elles jouent.  Elles ont alors 9 ans et 6 ans, cet été là, mon frère nous a présenté sa fiancée. Celle-ci nous à donné sa collection de livre hachette. Et c'est ainsi que tout l'été, assise au jardin, sur un fût en bois, gardant un oeil sur mes petites soeurs qui jouent à la poupée, je me lance dans la lecture des livres de la comtesse de Ségur :  'Les petites filles modèles', 'Les malheurs de Sophie', 'Après la pluie, le beau temps' , 'Les 2 nigauds', 'mémoires d'un âne', 'Le mauvais génie', 'Pauvre Blaise','Un bon petit diable', Jean qui rit, Jean qui grogne', et d'autres, dont je ne me souviens pas...  

Mes deux petites soeurs grandissent : 

Après l'école et pendant les vacances, je commence à aider de plus en plus au commerce, parfois, j'accompagne papa dans sa tournée à domicile, d'autre fois, j'aide ma soeur aînée à recharger les marchandises dans le camion magasin avec lequel papa, ma soeur ainée et mon frère font les marchés.
Mes petites soeurs aussi sont devenues plus grandes, et il n'y a plus de raisons que je sois toujours derrière elles, obligées de les surveiller. J'ai 16 ans et je ne veux plus continuer à l'école. Je n'y retournerai pas en septembre... Je veux travailler avec papa. 

Mon frère se marie en juillet de 1972 :

Question boulot, papa a acheté une maison de commerce (un ancien café avec salle de tir à l'arc) et il a fait faire tous les travaux nécessaires pour pouvoir en faire une superette, que mon frère et sa jeune épouse tiendront. Mais mon père n'a jamais accordé d'importance au confort,pour lui, l'important à toujours été le travail, donc ilo a toujours favorisé l'achat d'un véhicule ou d'une trancheuse, plutôt que d'aménager une salle de bain ou un wc à chasse... ce qui fait que le rez-de-chaussée du magasin à été entièrement refait de neuf (sols, murs, plafonds,), avec un matériel ultra perfomant (comptoir, caisse enregistreuse, chambre froide, rayonnages modulables). Mais pour l'étage, où le jeune couple va vivre les premières années de vie commune, mon père est resté correct, mais sans plus. Il y a une grande cuisine joliment équipée à 'l'américaine', un salle de bain avec baignoire, 2 chambres et un living. Mais la fiancée de mon frère veut une spacieuse terrasse au dessus de l'entrepôt, C'est son père qui financera ces travaux, car trop coûteux et 'inutiles' aux yeux de mon père.  

Voici venu le jour du mariage ! C'est un très grand mariage, nous sommes donc chez les parents de la mariée, à 70 kilomètres de chez nous. Nous passons entre les mains de la coiffeuse, ensuite de la maquilleuse, suit un léger repas dans l'intimité. 
La cérémonie étant à 15 heures, nous nous habillons. Ttoutes les femmes en robe longue, nous sommes d'ailleurs allées maman, mes soeurs et moi, chez une couturière à cette occasion. Les hommes, dans leurs beaux costumes, ont reçu un oeillet rouge à mettre à la boutonnière. Les voitures de la suite sont toutes décorées de fleurs et de rubans et conduites par des chauffeurs, C'est la première fois que nous allons à un mariage, et nous sommes très impressionnés par tout ce luxe déployé. Après la cérémonie, séance photos, ensuite direction la salle de l'hôtel de ville.. c'est une très grande salle, avec une énorme cheminée, et en soirée, un buffet très garni y est dressé lorsque les invités commencent à arriver. 
Mon père rayonne, il est fier de son fils, c'est d'ailleurs l'une des rares fois où je le vois si heureux, si souriant, lui qui est d'habitude toujours tellement sérieux et taciturne.
Après le mariage, les jeunes mariés s'envollent aux iles Baléares, destination lointaine pour l'époque. 

A leur retour, on revient aux choses sérieuses, il reste à achalender la superette. Papa avance l'argent pour les marchandises, et mon frère et son épouse se mettent allègrement au travail. La tâche ne leur fait pas peur, ils sont pleins d'enthousiasme et d'ardeur. Levés très tôt, le magasin est déjà ouvert à 6 heures, et ne ferme pas ses portes avant 20 heures. 

Moi, après avoir aidé pour remplir les rayonnages de la superette, et avoir fais l'ouverture avec mon frère et ma belle-soeur, je retourne faire les marchés avec papa et ma soeur aînée. Mais, mon frère parti, l'entente se déteriore entre papa et ma soeur. Un jour, après une discution plus violente, elle quitte la maison. Papa embauche alors une jeune fille pour la remplacer. 

Papa tombe malade :

L'année suivante, papa attrappe une jaunisse. Il va passer des examens à l'hopital, et là, on lui annonce qu'il a une 'occlusion intestinale', et qu'il doit être opéré. On s'organise comme on peut. Mon frère viendra donc pour conduire le camion et faire les marchés, et moi, je le remplacerai au magasin auprèe de son épouse. Maman va donc aller aux marchés avec mon frère, et elle n'ouvrira le magasin qu'après 14 heures. 
Mes deux petites soeurs sont toujours à l'école. Elles ont 11 ans et 8 ans. Après une courte convalescence, papa retourne sur les marchés, mais toujours en compagnie de mon frère, car il n'est pas encore bien remit. 

En fait, il n'ira plus jamais bien, quelques mois plus tard, il refait une jaunisse, nouvelle opération, et là, on annonce à maman que papa a un cancer du pancréas et qu'il n'y a pas d'espoir. 'Donnez lui tout ce qu'il veut' lui conseille-t-on. il rentre à la maison, pensant qu'il va se rétablir, mais les forces lui manquent, et peu à peu, il s'affaiblit. Bientôt, il ne quitte plus le fauteuil, et l'année 1975, il n'a pas quitté sa chambre. 

L'enterrement :

Il est enterré un triste jour de novembre, Nous sommes tous là, ma soeur aînée avec qui il s'est réconcillié, elle a alors 26 ans, mon frère 24 ans et son épouse 23 ans, ils ont une petite fille, mes deux petites soeurs âgées de 13 et 10 ans, et moi, 19 ans et demi... Maman a 48 ans, papa venait d'avoir 65 ans.  

Nous qui pensions être seuls à l'enterrement, car sans autre famille que notre petit noyau, nous sommes étonnés de découvrir tant de monde : des voisins, des clients, des fournisseurs, des représentants, des livreurs, quelqules rares amis, car toujours occupé à son commerce, papa avait peu d'amis, tout ce monde était venu pour rendre un dernier hommage à mon père. Non, nous n'étions pas seuls au monde, papa était estimé et aimé. 

Continuer, sans papa :

Quelques semaines plus tard, nous sommes passé au juge de paix, car mes deux soeurs étant mineures, il fallait constituer un conseil de famille. il fallait être 5, nous n'étions que 4 : ma mère, ma soeur aînée, mon frère et moi-même. Un voisin a donc été choisit comme cinquième tutteur de mes soeurs. Elles étaient dans un drôle d'âge, et en plus, papa n'était plus là. 

Maman, qui n'avait jamais prit aucune initiative s'en est remise totalement à mon frère. De toute façon, elle n'avait pas le choix. J'avais mon permis de conduire, mais pas encore celui pour les camions car il fallait avoir 21 ans pour celui-là. Et l'organisation provisoire que nous avions installée lors de la maladie de papa est devenue définitive. Mon frère à géré toute l'affaire, du mieux qu'il pouvait, se sentant responsable de nous et de ma mère... Je pense parfois que son épouse n'a pas dû rire tous les jours. Elle devait travailler avec son mari, et au lieu de cela, elle se retrouve avec moi. Bon, même si je ne me suis pas toujours montrée à la hauteur, je pense avoir fait de mon mieux, et j'ai eu le bonheur de voir grandir ma nièce et de vivre aussi la seconde grossesse de ma belle soeur. Un magnifique gamin est né, pour la joie de mon frère. 
Mais même si ma belle-soeur a souffert de cette situation, elle n'a jamais fait de reproches ou de réfléxions à ce sujet devant nous. En y réfléchissant mainteant, je me dit qu'elle s'est conduite en 'grande dame', et si cela m'était arrivé à moi, je ne suis pas sûre que j'aurais su faire pareil.  

Pour les marchés, mon frère à engagé un jeune apprenti. En effet, dès qu'elle a été enceinte, notre vendeuse nous a lâché. Ce jeune homme restera travailler chez nous plus de 15 ans...

Entre-temps, mes petite soeur, sont toujours à l'école. La toute dernière, a bon caractère, joviale, rigolotte, elle a plein de copines. Il n'en va pas de même pour l'autre. Pas un jour ne passe sans qu'elle ne revienne de l'école en se plaingnant de l'une ou l'autre élève avec qui elle s'est disputée, parfois même, elle en arrive aux mains... Et bien sur, ce n'est jamais de sa faute... Je me souviens des noms de ces demoiselles, tant elle en a parlé.
Peu de temps après, ma mère est convoquée à l'école. C'est la même école que nous avons toutes fréquentée. Et pourtant, là, on annonce à ma mère qu'ils ne veulent plus de ma soeur, qu'ils compatissent au chagrin que nous avons d'avoir perdu papa, qu'ils comprennent que cela à certainement perturbé ma soeur, mais qu'ils n'ont plus aucune autorité sur elle, et qu'ils sont obligés de la renvoyer, cela, dans le but de préserver la discipline de l'école... etc... etc... Elle ira donc dans une autre école. La plus jeune, elle continuera sa scolarité sans changer d'école. 

Un certificat scolaire en poche :

Plus tard, des disputes des plus en plus fréquentes surviennent à la maison. Et comme par hasard, elle y est toujours impliquée (soit elle se dispute avec maman, soit avec moi, soit avec sa jeune soeur), mais elle a toujours une bonne excuse, ce n'est jamais de sa faute, c'est à cause qu'on lui a dit ceci, ou fait celà, ou encore parce qu'on n'a pas fait ceci ou cela... 
Et, bien sûr, toutes ces disputes arrivent lorsque mon frère n'est pas présent à la maison...  
Bref, devant tant de problèmes, mon frère et ma mère décident de la mettre en pension dans l'école qu'elle fréquente depuis maintenant quelques années. 
Mais, à la fin de cette année là, maman est appellée à son école. C'est moi qui conduit maman, et là, dans le bureau de la directrice, j'entend le même discours qu'à l'école précédente, avec une précision toutefois, vu qu'elle à 16 ans, et étant donné que maman à raconté ses difficultés, la mort de son mari, le premier renvoi de l'autre école, et qu'en plus maman n'arête pas de répéter : "mais qu'est ce que je vais faire avec elle ?, qu'est ce qu'elle va devenir ? " La dessus, on promet à maman qu'elle aura son certificat d'étude secondaire inférieure, même si elle ne le mérite pas, car elle n'a pas suffisement travaillé. Ce ne sera donc pas un renvoi, elle aura son certificat, mais on ne la veut plus ici, l'année prochaine, on ne la réinscrit pas !

C'est ainsi qu'elle n'ira plus à l'école ! Elle a été un peu au magasin, avec ma belle-soeur, mais celle-ci l'a vite renvoyée à ma mère. Elle a fait les marchés avec mon frère, qui pendant quelques années a su garder (péniblement) un peu d'autorité sur elle. 

Plus tard, lorsque la petite dernière à quitté l'école à son tour, elle est allée au magasin avec ma belle-soeur, et cela s'est très bien passé. D'ailleurs, quand ma mère est arrivée à l'âge de la pension, ma belle-soeur à rejoint mon frère sur les marchés, qu'ils ont enfin exploités à leur compte, et la petite dernière qui entre-temps s'était mariée, à repris le magasin et quelques années plus tard, l'a exploité à son compte.

Ma soeur aînée se marie : 

1978, ma grande soeur se marie, elle a vingt-neuf ans. C'est un joli mariage, même si c'est beaucoup moins fastueux que celui de mon frère. Deux ans plus tard, elle mettra au monde une petite poupée tout en finesse, qui est devenue une magnifique jeune femme, dynamique et entreprenante. Elle a aujourd'hui 28 ans, et est à son tour maman de deux petites jumelles plus adorables l'une que l'autre. .
 
Le mariage de ma soeur n'aura duré que 10 ans. Dix ans pendant lesquels elle a espéré ne pas devoir divorcer. Car, divorcer, c'était quelque chose qui ne se faisait pas ! Mais, elle à finit par s'y résoudre, lorsqu'elle comprend finalement que son mari ne changera jamais. C'est elle qui travaille, c'est elle qui subvient aux besoins de la famille, Et lui, un homme instable, léger, oisif, dépensier, sur lequel elle ne peut absolument pas s'appuyer, se lance dans des 'affaires' de plus en plus 'douteuses', du genre 'ventes pyramides', et sous prétexte de réunions ou de contrat de travail à conclure avec des clients, ne rentre même plus la nuit, ou si rarement...  
Elle le quitte enfin, après que maman lui aie dit :'si ça ne va pas, tu peux divorcer'. C'est cela qui lui a enfin ouvert les yeux,si maman ne le lui avait pas dit cela, je pense qu'elle aurait continué à tout supporter... Elle doit se battre pour garder sa gamine, car la mère de son époux veut l'avoir, et pour cela, elle est prête à toutes les bassesses, donc, jusqu'à la majorité de sa fille, ce sera tribunaux et avocats. Elle s'est mariée en secondes noces, après 10 ans de solitude et de soucis pendant lesquels elle a fait preuve de beaucoup de courage. Et son mari actuel n'est autre qu'un homme qui la courtisait déjà lorsqu'elle avait 20 ans, et que papa appréciait beaucoup. Comme quoi, parfois les labyrinthes de la vie nous ramènent là où nous devions être...      

Le mariage en grande pompes de la petite dernière : 

Alors qu'elle avait 14 ans, un jeune homme de 16 ans est venu demander à mon frère la permission de la fréquenter. Mon frère les trouvant trop jeunes, lui a répondu d'attendre un an, et si dans un an il n'avait pas changé d'avis, ils pourraient se côtoyer.   
Un an plus tard, il est revenu, se sont côtoyés, se sont fiancés, et à 18 ans, la petite dernière se mariait. 
Jolie histoire, sauf que le temps des fiançailles à été pour tous une période très pénible ! 
En effet, mon autre soeur, qui avait 2 ans et demi de plus qu'elle, n'ayant pas d'amoureux, a tout fait pour leur empoisonner l'existance. 

Nous n'avions pas de salle de bain à la maison. Et donc, elle attendait patiemment l'heure où le fiancé de sa petite soeur allait arriver pour décider de faire sa toilette... Et pas dans sa chambre, non ! Elle disait qu'elle était chez elle, et que personne ne pouvait l'empêcher de se laver dans la cuisine. Qu'il n'avait qu'à revenir plus tard. Alors, ils allaient devant, dans le magasin de maman, et ils restaient là, heureux d'être ensemble, même si cela n'était pas très agréable de rester debout, devant le comptoir, pour parler de leurs projets. Plus tard, quand il s'est acheté une voiture, et ils ont pris l'habitude d'y rester de plus en plus souvent, devant la vitrine du magasin, rien pour éviter de la croiser. Je me souviens que bien des fois, je l'ai surprise, dans le magasin, plongé dans le noir, elle les épiait par la boîte au lettre pour ne pas être vue. Mais s'ils étaient à la maison, elle s'arrangeait pour provoquer une dispute.
Lorsqu'il a été question de mariage, elle a cru pouvoir mettre son véto à ce mariage, en prenant l'habitude de répêter que les coutumes italiennes voulaient qu'une jeune fille ne se marie pas avant sa soeur aînée. Je suis intervenue alors en lui faisant remarquer qu'étant moi-même célibataire, et âgée de 27 ans, sans intention de me marier avant bien longtemps, si elle s'obstinait dans ce sens là, il y aurait pour elle aussi bien peu de chance de se marier un jour. Devant un tel argument, elle ne l'a, ensuite, plus jamais répêté. Mais elle s'est arrangée pour se marier avant elle. 

Ils se sont donc mariés. Un bien beau mariage pour eux aussi, presque aussi fastueux que celui de mon frère. Elle avait une magnifique longue robe blanche, un long voile, et ils rayonnaient de bonheur. Une belle vie commençait pour eux...  
Malheureusement, ils finiront par divorcer, après la naissance de leur premier enfant, elle le trompe. S'est-elle mariée trop jeune, sans rien avoir connu auparavant ?  Il pardonnera une première fois, auront un deuxième enfant, mais la blessure est là, et lorsqu'elle recommencera, ils divorceront irrémédiablement. 

Précédé d'un mois par le mariage à la sauvette de mon autre soeur : 

Mais voir sa soeur se marier était insuportable à ses yeux. Elle connaissait un homme, qui divorcé suite à des graves problèmes de santé (a 20 ans : diagnostique d'un cancer du poumon, ablation des trois quart de ce poumon, et rayons X qui ont atteint et détèrioré le coeur), ne voulait plus refaire sa vie. Elle attendais beaucoup plus de lui, et quand il s'est senti envahi, il est parti sans laisser d'adresse. Après avoir questionné famille et amis qui ne voulaient pas révéler où il s'était retiré, elle est alors allée demander son adresse à l'administration communale de son ancien domicile, mais il lui a été répondu qu'ils ne donnaient pas ce genre de renseignement. D'après ce qu'elle raconte, elle se serait mise à pleurer, affirmant être enceinte, avoir rompu avec lui avant de s'en apperçevoir, et maintenat, craignant la réaction de mon frère s'il venait à l'apprendre, d'où la nécessité d'avoir son adresse pour l'en informer, ceci afin qu'il prenne ses responsabilités vis à vis d'elle... Et ça a marché ! 
c'est ains que très peu de temps avant le mariage de sa petite soeur, elle l'a retrouvé, et avant qu'il ne se sauve encore, elle a provoqué une grosse dispute avec mon frère, et quand il lui a retourné la première claque de sa vie, elle a sagement attendu qu'il quitte la maison, puis, sans rien dire à maman, elle a appellé une ambulance. Maman à été bien étonnée de voir entrer les ambulanciers dans sa boutique, plus encore lorsqu'il ont annoncé qu'ils venaient chercher ma soeur... et la miss est arrivée au magasin, sa valise à la main, disant que mon frère l'avait tellement frappée qu'elle avait des douleurs dans la tête. A l'hopital, après plusieurs examens, et n'ayant trouvé aucune trace de coups, ils l'ont gardée une semaine en observation, évocant une 'légère commotion' et comme ça, au moment de sortir de l'hopital, elle a appellé son copain, lui disant qu'elle n'osait pas rentrer chez nous, faisant croire que mon frère allait la tuer, il a donc accepté de l'héberger chez lui... De là a imaginer qu'après elle lui a dit que mon frère allait prendre cela pour un déshonneur, et venir les tuer, il y a un pas, que connaissant ma soeur, je franchi allègrement.
Un mois avant le mariage de la petite dernière, Elle se mariait donc aussi, après avoir publié les bans à la sauvette. Et pendant les années qui ont suivi, son époux à cru que c'était nous les méchants. 

A dater de ce jour, mon frère à gardé ses distances par rapport à elle. Et, aujourd'hui, je peux affirmer en toute connaissance de cause qu'il a eu bien raison ! 
   

par harissatube publié dans : Souvenirs de famille
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Lundi 28 janvier 2008
Après l'incendie, il n'a plus jamais été question de ma tante et de son mari. Papa ne voulait plus en entendre parler. l'affaire des cinq ans de travail sans salaire sera jugée par le tribunal, et en 1966, mon oncle sera condamné à payer l'équivalent de 2000 euros à mon père.

Le vélo de mon frère : 

Avant la naissance de mes petites soeurs, je me souviens que mon frère avait un vélo.
Je l'observe lorqu'ayant attrapé un fuite, je le vois sortir de sa sacoche toute une panoplie d'outils. Il démonte sa roue, retire la chambre à air du pneu, la gonfle, la met dans de l'eau savonneuse pour détecter où se trouve la fuite. Ensuite, il prend du papier de verre, frotte soigneusement l'emplacement de la fuite, essuye tout autant soigneusement le cahoutchouc, et y colle une rustine. Il peux enfin remonter sa roue et regonfler le pneu...  Plus tard, alors qu'il grandit, il aura un nouveau vélo, tout neuf, avec un dérailleur pour passer les vitesses. Moi, ravie de l'aubaine, je récupère l'ancien. ça tombe bien, c'est un vélo sans barre, un vélo pour fille. Il est rouge bordeaux, et il me convient bien.   

J'ai enfin un vélo : 

Je commence donc à rouler dans le quartier, toujours sur le trottoir, comme me l'a recommandé maman. Au fil du temps, je deviens plus franche et je vais plus loin. Je me fais une amie : Lina que je perdrais de vue lorsqu'après son mariage avec un américain, elle part habiter dans le tennessee.

Mon amie d'enfance :

Lina n'a pas de vélo. Alors, de temps en temps, je lui prête le mien, et elle fait des tours avec. Seulement, voilà, moi pendant ce temps, je me retrouve seule comme une idiote sur le trottoir, attendant qu'elle ait fini de s'amuser avec mon vélo. J'aime bien sa compagnie, et je voudrais lui faire plaisir, mais pas au point de rester là a l'attendre. Alors, Lina qui est une gamine délurée et très maligne décide que nous allons rouler à deux sur ce vélo. Et, puisqu'il n'y a porte-bagage, je n'ai qu'à rester assise sur la selle en la tenant par la taille pendant qu'elle conduira en pédalant en danseuse. 
C'est ainsi que les gens du quartier nous ont vu, tout l'été, sillonnant les rues, Lina aux commandes et moi me laissant porter au gré de sa fantaisie, dans des quartiers que je ne connais pas. 

La grand-mère de Lina habite derrière chez moi. C'est là qu'elle passe la plus grande partie de ses vacances puisque ses parents travaillent tous les deux.  Je me souviens d'une jolie petite maison toute propette, avec un jardin bien entretenu et des fleurs à couper. Les carrelages sont cirés, et nous ne pouvions pas aller ailleurs que dans la cuisine. Lina adore sa grand-mère, et je l'envie, car je n'ai pas connu la mienne.
Les parents de Lina habitent plus loin, tout au bout de la rue, et derrière chez eux, il y a une cité où nous pouvons rouler sur les routes, car il y a moins d'auto. C'est ainsi que nous avons pris l'habitude d'aller jouer dans ce quartier. 

A bicyclette : 

Dans son magasin, maman ne vendait pas de bonbons. Elle a bien essayé, mais comme je suis trop grosse et que je les lui ai chapardés, elle a vite arrêté d'en vendre. Alors de temps en temps, elle me donne une piècette pour m'en acheter au petit magasin du bout de la rue.

Ce jour-là, j'ai peut-être 7 ou 8 ans, je joue à vélo avec Lina dans la cité, quand je me souviens que maman m'a donné un peu d'argent. Je dis à Lina : " Viens, on va aller au petit magasin près de chez moi acheter des bonbons", elle me dit que c'est bien loin, qu'il y a, ici,  au bout de la cité, une grand route où il faudra être prudente et rouler sur le trottoir, mais un peu plus loin il y a un magasin où on vend des bonbons. Je ne connais pas, mais comme Lina sait toujours si bien me convaincre, on a fini par s'y risquer. 

Des retrouvailles inattendues :      

Arrivées devant le magasin, nous déposont le vélo sur la façade et nous entrons dans ce magasin. Il y a deux dame. L'une, plus jeune, sert des clients. L'autre, plus âgée, petite et toute ronde, nous observe pendant que nous choisissons les bonbons que nous allons emporter. Elle m'observe avec tellement d'insistance, que je me dis qu'elle pense que j'ai volé quelque chose, et j'ai peur lorsque je la vois s'avancer vers moi. Mais elle me regarde bien en face, et me demande gentiment comment je m'appelle. Je lui dit mon prénom, mais elle demande mon nom de famille. Lorsque je le lui dit, elle me serre tellement dans ses bras, que la tête coinçée entre ses seins, il me semble étouffer. Et je ne comprend rien à cette situation ! Qui est cette femme qui pleure en me serrant contre elle ? 

C'est là qu'elle m'apprend qu'elle est ma tante, la soeur de mon papa. Sur le moment, j'ai peur, parce que je sais que papa ne veut pas qu'on parle d'elle, alors la rencontrer, encore moins. Mais elle nous entraine dans sa cuisine, où elle nous promet un verre d'orangeade et des biscuits. Et là, elle me dit son attachement pour moi, son chagrin de ne plus me voir après la dispute. Elle demande des nouvelles de papa, de maman, de ma soeur et de mon frère. Je suis en confiance, je parle, je raconte... Un peu après, elle nous propose de nous emmener au bout du jardin, pour y saluer mon oncle, il s'occupe de ses lapins. 
J'aurais mieux fait de partir à ce moment-là, de rentrer chez moi, et de ne rien dire à personne. Mais mon intérêt pour les animaux me pousse à y aller, et avec Lina, on traverse l'immense jardin pour arriver là où mon oncle à construit ses clapiers. 
Je suis émmerveillée par les lapins, les plus jeunes surtout, les lapines aussi, celles qui ont des bébés  Un peu plus loin, je découvre avec étonnement des petits animaux que je ne connais pas. Mon oncle me dit que ce sont des cochons d'Inde, je ne leur trouve pas un air de cochon, mais puisqu'il le dit...  Je joue un moment avec eux, mais il est grand temps de rentrer. Lina me rappelle à l'ordre, ses parents vont bientôt rentrer et s'inquiéter de ne pas la trouver chez sa grand-mère.  J'ai beaucoup de peine à laisser ces cochons d'Inde, alors, mon oncle, pour nous faire plaisir, nous en offre un à chacune de nous. En partant, ma tante me fais promettre de retourner la voir. Nous reprenons le vélo, et avec les cochons d'Inde dans une boîte, nous rentrons chez nous. 

La colère de papa :

Lorsque je suis rentrée a la maison, maman est tout de suite inquiète, elle me demande d'où vient cet animal. Je lui raconte : Lina, le vélo, les bonbons, le magasin, ma tante, les lapins de mon oncle... Plus je raconte, plus maman a peur. Que va dire mon père ? S'il apprend cela, il va se fâcher ! J'ai beau lui dire que ce n'est pas exprès qu'on y est allées, elle me gronde. Mon oncle ayant toujours eu des lapins, a toujours eu aussi des cochons d'inde, de ce fait, en voyant celui-ci elle comprend de suite d'où il vient. Maman veut s'en débarrasser, je ne veux pas, je pleure, alors, elle me demande de ne rien dire de tout cela à mon père. Elle me fait promettre de raconter à papa que c'est le père de Lina qui me l'a donné. Je promet...

Lorsque papa rentre du travail, je n'ose pas lui parler de mon nouveau compagnon. Papa le découvre dans une caisse dans l'arrière cuisine. Il demande à ma mère d'où vient cet animal, elle lui répond que c'est le père de Lina qui me l'a donné. Mon père m'intérroge, et je lui répond pareil en cachant mal mon embarras. Il me demande pourquoi je ne suis pas venue le lui montrer, pourquoi je le cache. Je ne sais rien répondre à cela. Alors, il demande à tout le monde de sortir de la cuisine, et m'intérroge à nouveau, en face à face. Il veut la vérité, et moi, sans le soutien de maman auprès de moi, je n'ose pas lui mentir... Alors, je commence a raconter : Lina, le vélo, les bonbons, le magasin, ma tante...  A peine ais-je prononcé ce mot, que papa se lève, et sans rien dire, il défait la ceinture de son pantalon. Je n'attends pas qu'il l'enlève, je fond en larme, et en faisant pipi dans ma culotte, je cours en hurlant me réfugier à l'étage, dans ma chambre, où, terrorisée, je l'entend disputer avec maman. 
Le lendemain, il n'y avait plus de cochon d'Inde, mais je n'ose pas demander où il était passé. Pendant longtemps, j'ai été privée de vélo, et bien sûr, quand la punition a été levée, je ne me suis plus jamais aventurée du côté de chez ma tante. 

C'est la seule et unique fois que j'ai vu papa dans une telle colère. J'ai réellement cru qu'il allait me frapper. Mais papa ne nous a jamais frappés, il lui suffisait de nous regarder sévèrement, et nous comprenions qu'il était fâché et qu'il était temps que l'on se calme. 

par harissatube publié dans : Souvenirs d'enfances
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Dimanche 27 janvier 2008

Entre ma grande soeur et mon frère, il y a donc 18 mois. 
entre mes deux petites soeurs, il y a 30 mois.
il y a 5 ans entre les plus grands et moi, et plus de 6 ans entre les petites et moi. 

Pour les grands, j'ai longtemps été la petite qu'ils étaient obligés de "traîner" derière eux.
Quand aux petites, c'est moi qui les ai trainées derière moi.

je suis au milieu de ces deux duos.
 A la fois isolée et enrichie de leur présence. 

Isolée, car je n'ai pas quelqu'un de mon âge, ils sont "les grands" ou "les petits". 
Enrichie car je traîne toujours auprès des grands, j'apprend bien des choses lorsqu'ils se parlent entre-eux. J'écoute beaucoup, je comprend les choses bien avant l'âge. Je pose aussi beaucoup de questions, je veux tout savoir, tout comprendre. 

Quand j'ai l'occasion d'être seule avec papa, tout en le regardant travailler, je lui pose des questions sur sa vie d'avant maman. C'est ainsi qu'en répondant à mes questions, il m'a parlé de l'Ethiopie où il à été prisonnier des anglais, le thé qu'il a appris à boire à leur contact, le respect avec lequel ils l'ont traité en tant que prisonnier, addis-abeba, le négus, les singes sur les arbres qui s'il n'y prenait pas garde, lui volaient sa casquette, cela le rendait furieux, car alors, il devait travailler toute la journée sans casquette sous un soleil de plomb... Mais à chaque fois, il détournait  le sujet, il ne disait pas tout, il répondait simplement à mes questions d'enfant, sans aller plus loin dans la confidence. C'est en y repensant que je m'en rend compte, je ne sais pas grand chose sur cette période de sa vie.      

Le lundi est jour de lessive à la maison, alors, ma soeur reste au magasin et maman va à la remise où elle à allumé du bois sous le gros chaudron. elle y fait bouillir les draps de lin, ceux qu'elle à brodé elle-même d'initiales entremélèes. Il arrive parfois que je vais avec elle, pour lui tenir compagnie. Alors elle me donne un gros savon de marseille et une mandolne, pour savonner les cols et les poignets des chemises. Pendant qu'on travaille, je lui pose des questions, je m'intéresse à tout. C'est ainsi qu'elle me raconte sa vie à l'orphelinat, la sévérité des religieuses, sa rencontre avec papa, son mariage par procuration, les avortements, les circonstances de ma naissance, le travail avec ma tante...  Et bien des choses qui ne seraient pas à raconter à une petite fille... Mais je posais tellement de questions, et maman avait certainement besoin de dire certaines choses ! Toujours est-il, que j'ai grandi plus vite, trop vite.

Au contact de ma soeur, quand parfois elle racontait ses fréquentaions sages avec les garçons, j'ai commencé à m'intéresser aux relations entre les hommes et les femmes. J'avais 10 ans, elle en avait 16. Plus tard, quand elle a eu ses premiers "flirts", elle me mettait dans la confidence.  

Ma grande soeur est très jolie, réservée et pudique, naturellement distinguée, charmante, coquette et bien agréable à regarder. Elle ne sait pas qu'elle est belle, elle se trouve commune, un nez trop long, grosse à hauteur des hanches... Elle ne se rend pas compte que les garçons la regardent. Il y a eu parfois l'un ou l'autre jeune homme qui traînait à la maison, pas pour mon frère, pas pour mes parents non plus. Mais ma soeur ne le voyait pas...  Elle était très sage, je vous dis !  Lorsque mes petites soeurs étaient bébés, c'est elle qui s'en occupait le plus. En effet, maman était prise par le magasin, alors, c'etait elle qui les langeait, qui leur préparait la panade, qui leur donnait le bain, les couchait... une vraie petite maman !

Mon frère lui, ne m'a jamais fait de confidences. C'est a ma grande soeur qu'il se confiait. C'est avec elle qu'il partageait ses secrets. Pour lui, j'était la "petite". A part quelques jeu d'enfant qu'il partagait avec ma soeur et auxquels j'ai participais quand j'étais très jeune, je n'ai pas eu beaucoup de contact avec lui. Il était LE garçon de la maison, la fierté de mon père. Très tôt, il délaissa les copains pour aider mon père. Ensuite, à 15 ans, il quitta l'école pour travailler avec celui-ci et ma soeur. Un garçon sage, consciencieux, aimable et serviable. Bien des voisines de la rue, bien des clientes l'auraient voulu pour gendre.  Après quelques "flirts" sans importance, il a rencontré la fille d'un boucher qui faisait les marchés avec ses parents. Ils se sont plu, se sont fréquentés, et se sont mariés en juillet de l'année 1973. Il venait d'avoir 23 ans. Papa allait décéder 2 ans et demi plus tard. Ils ont actuellement deux grands enfants, une fille et un garçon, et 3 petits enfants. 

Mes deux petites soeurs, qu'on a appellées longtemps "Nini" pour la plus grande et "Bébé" pour la petite dernière, ont été derrière moi pendant des années. Le matin nous partions à trois à l'école, Bébé entre Nini et moi, tenant notre cartable de l'autre main. Rentrant de même après l'école. Après les devoirs, j'aurais aimé aller me promener à vélo, mais maman m'obligeait à rester avec les "petites", elle disait toujours que quand je m'éclipsais, elles devenaient difficiles et cela l'empêchait de faire avancer son travail.    

 J'aurais voulu être une artiste :

Chez des voisins, il y avait une gamine d'un an plus âgée que moi, qui fréquentait la même école que moi. Un jour que je suis allée chez eux, je l'ai entendue jouer du violon. Sa mère m'a laissée entrer au salon, où elle étudiait sa musique, et là, je découvre un piano. Très intéressée, j'avoue que j'aimerais moi aussi savoir jouer du piano. Sa mère lui demande de nous jouer un morceau, puis me dit que si je veux apprendre, il y a un cours, le mercredi après-midi, dans une petite école derrière chez nous, là où va sa fille depuis déjà quelques années.  Elle me dit que si mes parents le permettent, elle veut bien m'y conduire en même temps que sa fille. Bien sûr il faudra commencer par deux ans de solfège, avant de pouvoir commencer à jouer sur un piano, mais je suis très emballée, et rentrée à la maison, je parviens à convaincre maman de me laisser y aller. Maman accepte, et comme nous sommes en septembre, ça tombe bien, maman peut m'y inscrire sans attendre. J'y suis allée une seule fois, je n'ai assisté qu'à un seul et unique cours ! En effet, lorsque je suis rentrée du cours de musique, maman m'a dit que je devais arrêter. Mes soeurs avaient été infernales, pas moyen de les faire tenir en place. J'ai 10 ans, Nini en a 4 et Bébé a, à peine 1 an et demi. J'ai renoncé à mes cours de musique, la mort dans l'âme. 
Alors que j'avais 28 ans, j'ai pris des cours particuliers de piano, aujourd'hui, je sais pianoter quelques irs, je déchiffre difficilement une partition. Désolée, je ne serais jamais une virtuose du piano. 

       
par harissatube publié dans : Souvenirs d'enfances
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Samedi 26 janvier 2008

Sa plus grande frayeur : 

Avant ma naissance et alors qu'elle est enceinte de mon frère, ma mère attrappe une grosse otite.
A-t-elle été mal soignée  du fait de son état ? Je ne saurais le dire. Toujours est-il que c'est à partir de ce moment-là que son audition commence à diminuer sensiblement. 

Lorsque mes parents sont allés habiter avec ma tante et mon oncle, ce dernier lui apprend à conduire la Ctroën, une traction avant avec malle à l'arrière. Et, il lui revint dans ses attributions le rôle d'aller livrer les confections réalisées dans l'atelier de chemiserie dont elle s'occupe. 

Un jour, revenant de livraison, et alors qu'elle roule sur la chaussée, elle s'aperçoit que des piétons se retournent inquiets, et après avoir regardé derrière elle, il lui font des signes.... Ma mère ne comprend pas ce qui se passe, lorsqu'un monsieur lui crie quelque chose que bien sûr, à cause de sa surdité, elle ne comprend pas. Comme il lui semble lui indiquer quelque chose derrière elle, elle tourne la tête, et effrayée s'aperçoit qu'il y a un tram derrière elle et que le chauffeur à l'air bien excédé, car elle ne dégage pas le passage. Il faut savoir qu'à l'époque, les voitures qui étaient bien moins rapides que celles que nous connaissons aujourd'hui, devaient dégager les rails du tram dès l'arrivée de celui-ci. Mais pour cela, il fallait l'entendre arriver bien sûr.

c'est ce jour là, qu'elle s'est vraiment rendue compte qu'elle n'entendait presque plus. C'est ce jour-là aussi qu'elle a conduit pour la dernière fois de sa vie tant sa frayeur a été grande ... 

Tenir commerce quand on est sourde : 

A la suite de cet incident, et après consultations auprès de plusieurs spécialistes, maman a été équipée d'appareils auditifs aux 2 oreilles. Mais au fil des années, sa surdité n'a fait que s'aggraver, à tel point que lorsque j'étais jeune, je me souviens qu'il fallait toujours parler fort, en articulant bien et souvent, il fallait tout lui  répéter au moins deux fois. 
Parfois, cela énervait papa. Car elle n'avait pas comprit ce qu'il lui avait demandé et avait fait ou répondu tout autre chose. Dans ces cas là, je me rappelle que papa disait : "on lui parle de figues et elle répond des fiaschi" ! Nous, ça nous faisait rire, mais je me souviens qu'à cela, maman faisait une petite moue, puis, s'enfermait dans le silence. Je repense aussi aux clients qui parfois, constant qu'elle n'entendait pas correctement, même avec ses appareils, marmonaient des réfléxions qui amusaient les autres clients, et dont elle ne comprenait rien. Je me souviens aussi d'un client un peu simplet qui venait une fois par semaine acheter son paquet de margarine : sachant maman sourde, il articulait bien haut en décomposant le mot : "UN SO-LO", et nous, dans la cuisine, nous savions que c'était lui. Il a continué à parler de la sorte, même bien après l'opération de maman, alors qu'elle entendait parfaitement, ce qui fait que maman ne l'aimait pas beaucoup, elle croyait qu'il se moquait d'elle... 
Je comprend mainteant à quel point maman a souffert de son état. mais à l'époque, cela était tellement habituel, que nous avions pris l'habitude d'en rire.  

Maman se fait opérer d'une tympanoplastie (perforation du tympan) :

Malgré ses appareils, maman entend de plus en plus mal. Un jour enfin, le spécialiste qu'elle consulte régulièrement lui annonce une bonne nouvelle : ll se pratique, depuis quelques années, une opération pouvant remédier à ce genre de surdité. Bien sûr, elle n'hésite pas, le temps d'obtenir un rendez-vous chez le chirurgien, quelques examens, et enfin, la grande opération ! 

Cette greffe, qui a nécessité une semaine d'hospitalisation, et dont la technique consiste à refaire chirurgicalement le tympan et parallèlement, une réparation des lésions de la chaîne des osselets, a été réalisée avec succès sur une oreille, et un an plus tard, avec tout autant de succès sur l'autre oreille.  Pendant longtemps, maman nous a montré les cicatrices sur le dessus de ses mains, là, d'où on lui avait retiré une petite veine, pour en faire de nouveaux tympans.  

Maman entend !

J'ai à peu près 9 ou 10 ans au moment de la première opération. Depuis l'enfance, maman me demande de parler plus fort, et en articulant.  Après cette opération, chaque fois que je lui parle, elle me dit : "Ne crie pas si fort, je ne suis plus sourde"... Mais l'habitude étant prise dès l'enfance, j'aurais énormément de mal à apprendre à parler plus bas, encore à l'heure actuelle, lorsque je veux faire un commentaire à voix basse, je suis sûre que les gens autour de moi entendent clairement ce que je dis. 

Cette opération a vraiment changé la vie de maman, elle s'est à nouveau ouverte aux autres, elle est sortie de l'isolement dans lequel la surdité l'enfermait malgré elle. Et à dater de ce jour, c'en a été fini les "figues et les fiaschi", fini ce sentiment que les gens se moquent d'elle devant son nez, fini la honte de ne pas comprendre... 

par harissatube publié dans : Souvenirs d'enfances
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Vendredi 25 janvier 2008

D'aussi loin que je me souvienne, nous avons toujours eu des "servantes" à la maison. Jeunes filles ou femmes âgée qui sont venues travailler à la maison. La plupart ne rentrant chez elles que le week-end. Quelques noms me reviennent en mémoire : Fernanda, Maria, Rosina... Elles s'occupaient le matin des tâches ménagères et ensuite du remplissage des rayons au magasin de maman. L'après-midi, elles préparaient  les commandes pour les clients à domicile de papa. Il y avait aussi un ouvrier : Roberto.

Nous aidons un peu :

Les marchandises étaient stockées d'un côté du grand entrepôt  et de l'autre côté, papa y abritait sa grosse camionette qu'on balayait tous les soirs à son retour, avant d'y recharger les commandes de la tournée du lendemain.Plus tard le soir, maman  faisait le total de chaque ticket, souvent il était plus de minuit lorsqu'enfin elle allait au lit. Nous étions jeunes, mais certains jours, dès les devoirs achevés, nous filions dans la réserve pour y peser des denrées. Toutes les marchandises que nous recevions, étaient conditionnées en gros volumes : les pâtes par cartons de 10 kilos, le riz, les haricots secs, les lentilles, les pois chiches et les fèves séchées en sacs de jute de 50 kilos, La farine, le couscous, les grains de boulgour et de couscous en sacs de papier de 25 kilos. Il fallait tout peser, faire des emballages de papier d'un kilo, et refermer avec du papier collant, celui qu'on découpait en bandelettes régulières et qu'on devait mouiller pour faire coller. Mon père préparait ce qu'il fallait peser, le soir, au fur et à mesure des besoins, il ne nous restait plus qu'à poser le sac ou le carton sur une chaise près de la balance, et de nos mains maladroites, on  remplissait les sachets de papier de pâtes, on refermait, collait, et on y écrivait d'une belle écriture le numéro correspondant au modèle de la pâte. C'est ainsi que je me souviens des "ditalini" qui par ordre de grandeur en pâtes lisses ou rayées portaient les numéros 16, 18, 19, et 21. Pour les spaghetti, après les avoir pesés, on les roulait minutieusement dans du papier kraft, on collait au centre, puis on rabattait soigneusement les côtés et on collait à nouveau, avant d'y écrire le numéro selon la grosseur du spaghetti 1 étant les très fins, 2 fins, 3 le modèle le plus vendu, 4 un peu plus gros, 6 celui avec un trou dedans et 8 le modèle un peu applatit. 
Certains dimanche, je me souviens que papa nous promettait la permission d'aller au cinéma au bout de la rue si nous arrivions à finir tout le pesage qu'il avait préparé. Alors, on s'y mettait tous les trois, on se dépêchait, pour se donner de l'entrain, on mettait la grosse radio de la cuisine plus fort, et on travaillait sur des airs de Piaff et de Luis Mariano. Ma soeur pesait, mon frère fermait, et moi, encore jeune, je coupais une provision de bandelettes de papier collant, et je rangeais les paquets finis dans les rayons. Mais nous ne sommes que très rarement allés au cinéma, il y avait bien souvent trop de cartons à faire, et lorsque nous entendions la sonnette du cinéma qui retentissait, nous savions que le film commençait sans nous. Alors, déçus, nous ralentissions le rythme, mais papa nous promettait que si nous réussissions le dimanche suivant, nous pourrions aller au cinéma. Et c'est ainsi qu'on se faisait avoir toutes les semaines, mais, c'est surtout ainsi que nous avons apprit à travailler, à faire passer le travail avant les loisirs.    

Mise en bouteille du vin :

Papa commandait aussi de grands fût de bois qui contenaient 100 litres de vin, qu'il fallait transvaser dans les "fiaschi". Ce sont des bouteilles ventrues d'une contenance de 2 litres, avec de la paille autour.
 
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Je regardait alors papa et mon frère gratter les étiquettes, nettoyer l'intérieur des bouteilles au moyen d'une machine que papa raccordait à un flexible d'eau, avant d'introduire le goulot de la bouteille renversée sur la machine, et lorsqu'il tournait la manivelle en appuyant sur la pédale d'eau, un goupillon nettoyait à l'eau l'intérieur de la bouteille. Ensuite, il restait à transvaser le vin en bouteille, mettre un bouchon de liège neuf, et coller une nouvelle étiquette correspondant au vin. J'ai toujours été étonnée de voir papa faire la colle avec laquelle il collerait les étiquettes. Il prenait un petit poelon, y mettait de l'eau et de la farine, et faisait chauffer cela sur la cuisinière de maman. Je n'ai jamais compris par quelle magie la farine mouillée devenait de la colle.    

Décoration des étalages :

Quand ma soeur a été plus grande, maman lui a demandé de s'occuper elle-même de renouveller les étalages. Il fallait pour cela retirer les marchandises exposées, nettoyer les carreaux de l'intérieur mais aussi à l'extérieur, refaire un décor selon la saison, et replacer des marchandises non périssables dans la vitrine. Ensuite, il fallait nettoyer le trottouir et la bordure. Cela arrivait à peu près une fois par mois, en alternant les deux étalages, celui alimentaire, et l'autre non alimentaire. 
J'aimais beaucoup rester aux côtés de ma soeur dans ces moments là, même si je crois que je la gênait plus que je ne l'aidait.  J'admirais la manière avec laquelle elle étalait soigneusement son papier crépon au  bas de l'étalage de bois, elle choisisait la couleur en fonction des fêtes ou des saisons : rouge à Noël, jaune à Pâques, vert en été, etc... Elle avait aussi toujours de bonnes idées pour mettre en scènes les produits : elle fabriquais des fleurs en papier pour l'été, elle fabriquait et peignait une borne kilométrique pour signifier la route des vacances, elle montait un sapin qu'elle décorait en période de fin d'année... Elle a toujours été très créatrice et plein de bonnes idées comme je l'ai dit. 

Un jour, mon père a acheté de l'huile d'olive de première qualité, mais en vrac. Donc, tout comme le vin, il fallait le transvaser dans des bouteilles d'un littre, et y coller une étiquette. Mais contrairement au vin, les étiquettes n'étaient pas fournies par l'importateur. De ce fait, papa a demandé à ma grande soeur de lui dessiner une belle étiquette pour l'huile.Elle s'y est appliquée consciencieusement, et après quelques croquis, elle a crée cette étiquette tout à fait potable. Surtout quand on sait qu'elle n'avait même pas 20  ans quand elle l'a dessinée. 








Vente sur les marchés publics :

Alors que mon frère venait d'avoir 15 ans et ma soeur 16 et demi, mon père s'intéressa à un nouveau créneaux : la vente de détail sur les marchés publics ! 
Quand il partait faire ses tournées à domicile, papa passait par la grand place, où une fois par semaine, se tenait le marché. A chaque fois, il se faisait la réflexion qu'il y avait beaucoup de monde devant les échoppes des marchands, et qu'en décalant l'horaire de ses tournées dans l'après-midi, il lui était possible de faire un marché le matin. Il commença donc à répérer les différents marchés autour de chez nous, et constata qu'en dehors du dimanche, il n'y avait pas de marchand de spécialités italiennes. Peu à peu, cette idée s'imposa à lui : il voulait faire les marchés. Mais pour cela, il fallait des bras en plus. En effet, ma mère au magasin toute la journée, ne pouvait lui être d'aucune aide puisque le but était de gagner plus, pas de fermer le magasin.
Il demanda à mon frère et à ma soeur si ceux-ci était d'accord de lâcher l'école et de travailler avec lui. ils acceptèrent et c'est ainsi que début de l'année 1966, un beau camion-magasin tout neuf arriva chez nous. 

Mon frère était bon élève à l'école, son professeur vint à la maison pour tenter de dissuader mon père de le retirer des cours, mais c'était trop tard. Il fallait payer les traites du camion, donc aller de l'avant. 
Pendant les années qui ont suivi, 7 jours sur 7, ma soeur, mon frère et mon père ont fait les marchés. Actuellement, mon frère fait encore les mêmes marchés, avec les même produits, mais dans un semi-remorque super équipé, avec plein de vendeurs.  

Ma soeur quant à elle, à travaillé avec eux sur les marchés jusqu'en 1972, l'année où après une dispute avec mon père elle à décidé de quitter la maison familialle. Après quelques petits boulots de-ci, de-là, elle a trouvé un travail de bureau dans un hôpital, où elle est restée jusqu'à la fin de l'année passée, lorsqu'elle à pu bénéficier de sa pré-retraite. 

C'est à peu près au moment où ma soeur partait que je quittait l'école pour aller moi aussi faire les marchés avec papa. J'aurais pu continuer l'école, mais, même si je n'étais pas une mauvaise élève, et passais d'année en année sans trop étudier, je ne m'intéressais pas aux cours. J'avais envie de grand air et de liberté. Surtout que cela faisait quelques années déjà que profitant des vacances scolaires, j'accompagnait papa au marché.
    

par harissatube publié dans : Souvenirs d'enfances
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Vendredi 25 janvier 2008
Ma grande soeur a 12ans et demi, mon frère 11 ans, et moi 5 ans. Les travaux à la maison sont terminés, le peintre à fini ses travaux juste à temps pour la communion solennelle de ma soeur et de mon frère. 

Une photo de famille :    

undefinedJe crois, si mes calculs sont exacts, que c'est à peu à ce moment là, que maman  qui a alors 35 ans, s'aperçcoit  qu'elle est à nouveau enceinte. Elle redoute déjà la réaction de papa, qui à 52 ans, ne désire plus d'enfant. Mais, comme se elle se plaira à le répéter souvent durant les prochaines annés : " Nous sommes 2 dans le lit, pour faire les enfants." 

Notre médecin de famille était un vieux jeune homme, catholique, et surtout très pratiquant. Il me semble que je l'ai toujours connu vieux. Lorsque maman lui demandais quels moyens elle pouvait utiliser pour éviter de tomber enceinte, il lui répondait invariablement que le seul moyen valable et accepté par l'église était de faire abstinence !

Quand maman a annoncé son état à mon père, celui-ci l'a très mal prit. Il estime qu'à son âge il est déjà trop vieux pour avoir un bébé, il dit que les gens autour d'eux vont se moquer, il pressent déjà qu'il n'aura pas le temps necessaire pour lui préparer un avenir, pour le voir grandir... 
Maman lui dit que sa grossesse est déjà bien avancée, qu'il est trop tard pour tenter quoi que ce soit.
Alors, mécontant, papa ne va plus adresser la parole à maman pendant de longs mois, il la boude. Je crois que maman a été bien triste tout au long de cette grossesse. Je crois bien que papa n'a pas toujours été un homme facile à vivre.  


En juillet, maman accouche. Une fille encore. Si maman espérait la venue d'un garçon pour dérider mon père, c'est râté ! D'ailleurs, papa ne regardera pas l'enfant pendant de longs mois, il continue à bouder. 
Il faudra un accident pour que papa se réconcilie avec maman.

On a prit l'habitude d'appeller ma petite soeur du surnom de "Nini" ! Allez savoir pourquoi ? D'où ça vient ? 
Toujours est-il que Nini a maintenant neuf mois, elle est debout, dans son parc, dans la cuisine. Chaque fois que papa entre dans la cuisine, Nini le regarde, elle lui tend les bras en manifestant clairement son envie qu'il la prenne dans ses bras. Pourtant, papa continue de l'ignorer, il fait celui qui ne la voit pas, celui qui ne comprend pas. Cela fend le coeur de maman. Elle a mal parce qu'il ne lui parle qu'en cas de nécessité, juste pour l'essentiel, souvent, concernant le travail qu'ils ont en commun. Mais elle a mal surtout pour Nini qui est en quête de l'affection de son papa et qui ne rencontre qu'indifférence. 

On dit que le foetus ressent les émotions de sa mère, on dit que le regard du père est important pour une petite fille, on dit aussi que tout se joue avant 6 ans...
Je pense que l'attitude de papa durant la grossesse de maman et durant les premiers mois de la vie de ma soeur a joué un très grand rôle dans la façon dont ma soeur à construit sa personnalité. D'autant plus qu'il est décédé alors qu'elle venait d'avoir 13 ans, âge crucial pour une gamine qui cherche, qui sent qu'un jour elle va devenir une femme...

Nini était donc dans son parc, et papa venait une fois de plus de passer à côté d'elle sans la regarder. Alors, maman en un geste de compassion à abandonné sa vaisselle qu'elle lavait dans l'évier, elle s'est penchée sur le parc, et a prit Nini dans ses bras. 
Dans l'instant qui a suivi, un grand fracas s'est fait entendre. Le placard accroché au mur et dans lequel on rangeait toute la vaisselle, venait de se détacher du mur et se fracassait sur le parc qui se trouvait en-dessous. Nini avait risqué d'y laisser sa vie si maman ne l'avait pas prise à bras quelques secondes avant.
Papa, hébété, a regardé la situation, il n'a rien dit, mais il a compris lui aussi. Il a prit conscience que s'il était arrivé quelques chose à Nini, jamais maman ne lui aurait pardonné de l'avoir ignorée. 
Ce soir là, ils se sont enfin réconcilié, et comme par hasard, quelques 18 mois plus tard, la petite dernière est venue au monde... Mais là, je pense que papa s'est résigné, et puis, comme le disait maman, elle ne l'a pas faite toute seule, hein ? 

 
par harissatube publié dans : Souvenirs d'enfances
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Jeudi 24 janvier 2008

24 décembre 1961 : 

Avec maman, ma soeur et mon frère, nous allons à la messe de minuit. L'église est à un peu près 600 mètres de la maison, nous faisont le chemin à pied. Pour me protéger du froid, maman a mit autour de mon cou, une écharpe blanche, très douce, très jolie, avec des fils d'argent tissés dans la laine. Durant toute la messe, je ne vois que ces fils d'argent, Je suis émerveillée par cette écharpe, très fière aussi que maman l'ait sortie de sa boite et de son papier de soie où elle la conservait précieusement, rien que pour moi.
Papa n'est pas avec nous, il n'est pas très curé... Pourtant, il croit en Dieu, mais il dit que les curés sont des hommes comme nous, et qu'ils se trompent aussi parfois. Alors il est resté à la maison, où il s'occupe de préparer et surveiller la cuisson du repas de noël du lendemain. 

L'autre fois où mon père se mettait derrière les fourneaux, c'était le jour de l'an. La veille, il tuais une belle poule du poulailler, maman la plumait, la vidait, et brûlait les restes de plumettes à la flamme. Ensuite, elle la faisait cuire dans un bouillon. Le lendemain, jour de l'an, Papa nous préparait un délicieux risotto à la milanese, qu'il servait avec du bon parmesan. 
Un autre plat dont je me souviens, c'est le lapin à la polenta. Un vrai régal, même si je réchignais à manger le lapin, parce que je supportais difficilement l'idée qu'on puisse tuer une si belle bête pour la manger. Autre souvenir : une fois, un peu avant Paques, mon père à ramené à la maison un agneau. J'ai été le voir tous les jours, je m'y étais attachée, et lorsque le jour de pâques il avait disparu, j'ai longtemps cherché après. bizarement, il y avait des traces de sang dans la remise... personne n'a osé me dire que le délicieux repas que nous ferions ce jour-là, c'était mon agneau.   

Ma Brunette :
 
A l'époque, nous avions aussi un chat. Ou plutôt, une chatte. Elle avait un joli pelage noir, avec un léger reflet roux. Nous l'avions appelée "Brunette". 
Brunette à été pendant de longues années mon amie, ma confidente ! Je lui racontais tout, elle était disponible, attentive, compréhensive, discrète, compatissante...  Cet attachement mutuel était un délice que nous savourions toutes les deux. Toutes les nuits, au grand dam de maman, elle dormait dans mes bras. Lorsque maman la mettait dehors pour la nuit, elle attendais patiemment que toute la maisonnée soit endormie avant de venir gratter à ma fenêtre, et bien sûr, moi qui pourtant avait tellement peur du noir, je n'hésitais pas à braver ma frayeur, pour aller, sans bruit, dans le noir, ouvrir la fenêtre à ma Brunette. Elle était bien coureuse, ma Brunette, toujours enceinte, et quand elle ne l'était pas, c'est parce qu'elle élevait ses jeunes. J'ai suivi toutes les grossesses, j'ai assisté à presque tous ses accouchements avec une attention extrême. Un jour, elle a accouché alors que j'étais à l'école. Elle à donc décidé d'aller faire ses jeunes dans un carton où maman conservait les papiers crépon avec lesquels ma soeur faisait des décors pour les étalages du magasin.  Lorsque je suis rentrée de l'école, elle m'a apporté ses jeunes un à un pour que je les dépose dans une caisse à la cuisine. Quelle ne fut pas notre surprise de découvrir parmi les petits chats noir et blanc, des chatons vert, noir, et rouge... C'est en la suivant jusqu'à la caisse où elle avait accouché que j'ai compris qu'en perçant les poches d'eau sur le papier crépon, celui-ci avait déteint sur les chatons. Il ont gardé leurs couleurs étranges jusqu'à la tombée du duvet quelques semaines plus tard.... 
Un jour, je devais avoir 13 ans, mon père est rentré en disant que Brunette était morte, sur la route, surement écrasée par une voiture. J'ai courru dans la rue, il y avait effectivement un chat noir sur le bord de la route, dans le caniveau. Je suis tombée à genoux en pleurant, mon père m'avait suivie avec un sac, pour l'enterrer. J'ai pris mon chat dans mes bras, et là, je me suis rendue compte avec certitude que ce n'était pas Brunette. J'ai été soulagée, et je l'ai redéposé par terre. Mon père ne me croyait pas. Pour lui, pas de doute, c'était Brunette. Il l'a enterrée dans notre jardin, et le soir même, Brunette rentrait d'une virée avec ses potes... 
Je la connaissais bien ma Brunette : son poids, son pelage, son âme. Car je suis convaincue que les animaux ont une âme. Même si maman répondait à cela que les bêtes ne sont pas des chrétiens.   
En vieillissant, Brunette devenait de moins en moins propre. Souvent, la nuit, elle descendait dans la salle à manger, et faisait un besoin sous la table de la télévision. Ma mère en était très fâchée, moi je prenais sa défense, disant qu'elle vieillissait. Un jour, j'avais plus de 19 ans, papa était déjà décédé, je suis rentrée du travail, et j'ai cherché Brunette partout. Je l'ai appellée, dedans, dehors, je m'inquiétais. Je l'ai appellée pendant plus de quinze jours, sans résultat, pourtant je savais au fond de moi que Brunette était vivante et qu'elle avait besoin de moi. Un jour, j'ai eu le sentiment que c'était fini, qu'elle ne reviendrait plus jamais...
J'ai pleuré beaucoup, le soir, dans mon lit, sans ma Brunette. Elle me manque encore et j'en veux encore, aujourd'hui, à maman d'avoir provoqué sa mort. Car c'est à cause de maman que Brunette est morte. 
Maman et ma tante avaient repris contact quelques années avant la mort de papa. Ma tante venait à la maison une fois par semaine, elle aidait maman en lui faisant du repassage, des fois, elle allait au jardin ramasser des pommes et nous préparait une compote. Peu après le décès de papa, ma tante se plaignit à  maman, disant qu'ils étaient envahis de souris chez eux, et qu'ils n'arrivaient pas à s'en débarrasser. Ma Brunette était une excellente chasseuse, depuis plus de 12 ans que nous l'avions, jamais nous avions plus vu une souris. Maman, agacée par Brunette pour plusieurs raisons : elle dormait dans mon lit et cela, maman ne l'a jamais supporté, mais en plus, elle devenait sale... Donc, maman a décidé de la donner à ma tante... J'ai su par la suite de la bouche de maman que Brunette s'était cachée dans le grenier de leur garage pendant deux semaine et qu'un jour où ils ont ouvert les porte du garage, elle en a profité pour s'enfuir, elle a été tuée par une auto... Lorsque j'ai pleuré en apprenant cela, maman m'a dit que j'étais bien bête de pleurer pour un chat. Elle n'a jamais compris la place que ce chat avait dans ma vie, dans mon coeur. Je suis convaincue que lorsque mon tour viendra de mourrir, Brunette sera là, à m'attendre, de l'autre côté du tunnel. Elle se blotira dans mes bras et ronronnera du bonheur de me retrouver. Je crois bien que je ronronnerais enfin sans fausses notes, moi-aussi...  J'ai essayé de ronronner tant de fois avec elle, pour lui faire comprendre combien mon plaisir d'être avec elle était grand à moi-aussi. 
Je pleure en écrivant ceci, mon chagrin est encore aussi vivace. De plus, je m'en veux, car si Brunette était sale, c'était de notre faute, nous lui donnions une jatte de lait tous les soirs. Et elle, ma gourmande, elle adorait cela. Or je sais maintenant que le lait favorise les diharées chez les chats...   
 

par harissatube publié dans : Souvenirs d'enfances
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Mercredi 23 janvier 2008
Je venais d'avoir quatre ans.  

Les travaux de restauration de la maison sont loin d'être achevés, mes parents campent toujours dans une maison ouverte à tout vent. beaucoup de choses ont brûlé dans cet incendie : les vêtements, les livres, les photos, les jouets... il ne nous reste rien de cette période, rien que quelques meubles léchés par les flammes et la mémoire. 

Un jour, à la bibliothèque, alors que j'avais certainement plus de vingt ans, j'ai vu dans le rayon pour enfant, un petit livre intitulé "mon petit canard". Je m'en suis emparée avec émotion, et le serrant sur mon coeur j'ai dit tout haut : 
-"Ho ! mon petit canard, c'est mon livre, celui qui à brûlé" autour de moi, des gens m'ont regardée comme si je venais d'une autre planète, tant il est incongru qu'une adulte s'émerveille devant un livre si insignifiant. Pourtant, pour moi, il était si important ...  Il reveillait tant de choses...
 
Papa s'occupe de trier les marchandises brûlées, un voisin est venu lui donner un coup de main, mais mon père s'apercevra bien vite que celui-ci est surtout venu pour récupérer à son profit tout ce qui est récupérable. 
Pour ma part, Je me souviens que pendant des années, nous avons gratté au couteau, des boules de savon de toilette dont l'emballage brûlé empêchait la vente, même si une fois gratté, le savon était intact. Donc pendant des années, nous avons utilisé ces boules de savon pour notre usage personnel. 

Avant l'incendie, papa a connu quelques problèmes financiers. Mon oncle ne lui avait toujours pas payé les cinq années pendant lesquelles il a travaillé pour lui. Mon père l'a mis au tribunal, mais l'affaire traînait. Ne voulant pas retourner à la mine, papa a donc décidé de continuer le commerce d'épicerie mais cette fois, en son propre nom. Une affaire bien à lui. Devenir enfin patron, ce qu'il s'était promis alors qu'il quittait la ferme dans laquelle il avait travaillé une partie de son adolescence. Mon oncle à bien essayé d'aller trouver les clients de la vente à domicile, pour leur vendre ses produits, mais, étant donné que ceux-ci ne connaissaient que mon père, ils s'inquiétèrent bien peu d'un changement de nom, pour autant que la personne qui vienne les livrer à domicile soit toujours le même. Maman, quant à elle, tenait le magasin à la maison, et elle s'occupait toujours de faire les comptes des marchandises livrées aux clients de la tournée à domicile.
Mais, n'ayant jamais eu à s'occuper des achats auprès des fournisseurs lorsqu'il travaillait avec mon oncle, papa avait fait de mauvaises affaires. Confiant, il s'était laissé embobinner par des représentants qui grâce à leur baratin, l'avait convaincu d'acheter tout un stock de marchandises non périssables, en prétendant que celles-ci se vendraient comme des petits pains. Mon père réalisa par après qu'ils s'étaient surtout débarrassés de "rossignols" invendables. Tout ce stock à brûlé dans l'incendie. Mon père étant couvert par une bone assurance incendie, l'asurance à payé !  Au fond, en voulant nous nuire, en venant mettre le feu chez nous, mon oncle lui a retiré une épine du pied. Car grâce à l'argent de l'assurance, mon père a pu redémarrer un nouveau stock de marchandises, plus judicieux celui-là, et la menace de faillite qui se profilait à l'horizon a disparu. Je suis sûre que s'il avait eu vent des difficultés dans lesquelles mon père se débattait, mon oncle aurait attendu patiemment. J'ignore s'il a jamais su que c'est lui, en voulant nous tuer, qui a sauvé l'entreprise de mon père.

Mais avant de redémarrer, il  fallut trier, débarrasser, jetter, et puis faire reconstruire le hangar, racheter des marchandises, en bref : continuer !
 
Souvenirs d'Italie :

Dès la fin de l'année scolaire, un nouveau problème surgit. même si l'internat accueillait les élèves pendant les congés scolaires (celles dont les parents étaient au Congo Belge), moi, avec mes quatre ans, j'étais toujours trop jeune pour y aller, et mon institutrice ne pouvait plus me garder chez ses parents, car, comme chaque année, ils partaient tous passer l'été à la côte dans une caravane où il n'y avait pas de place pour moi. C'est ainsi que mes parents ont pris une décision qui allait modifier toute ma vie future. 

Nous sommes donc revenues, ma grande soeur et moi chez nos parents. Je crois qu'à l'époque, mon frère aidait déjà un peu mon père pour le déblayage. Moi, j'était trop jeune, trop turbulente certainement, ma soeur, je ne sais pas, peut être aidait-elle aussi ?  

Un matin, maman nous a annoncé que nous allions, ma soeur et moi, parir en vacance avec elle en Italie, chez son frère. Il habitait à Castelbolognese, on prendrait le train, il avait deux filles l'une un peu plus âgée que ma soeur, l'autre un peu plus âgée que moi. 
Papa nous a conduites à la gare, avec tous les sacs et les valises. 

un souvenir que maman à souvent raconté :

Le train a roulé toute la nuit, nous avons dormi